L'Amïassadbur et
petit fils. Plusieurs de ces Grands estoicnt d’intelligence avec PEmpercurMaximilianl. qui comme pere de Philippe , & ayeul de Charles, preten-doit latuteledeíà personne,&l’administrationde son Royaume pendant izminorité. Il entretenoit pour cela ses correspondcnces en Castille , ou ilenvoya en l’an 1508. Don Pedro de Gnevarra ,qui s’estant travefly en la -cjuatstèc s’estant mis à la fuite d’un autre Seigneur , fut reconnu & pris zl’entrée du Royaume par les gardes des frontières. Ferdinand Payant faitemmener au chasteau de Simancas , luy fit donner la question ,& arrachade luy, à force de torments, le secret de toutes les intelligences que l’Em-pereur avoir avec les^Mfands de Castille, & principalement avec le GrandCapitaine » Don Gonçale Fernandcs de Cordotie. Maximilian fut tellementindigné du mauvais traittement qu'on avoir fait à son Ministre ,qu’il vou-lut faire arrester tous les Espagnols qui demeuraient à Anvers,& dans lesautres villes de Flandres , & íiit fur le point de rompre. Mais Ferdinanddit,qu’on ne poavoit pas trouver mauvais , qu’il eust fait procéder ainíycontre un homme, qui avoir esté pris dans un habit t qui faifoit juger , queson intention estoit de troubler le repos du Royaume, plustost que de tra-vailler à la bonne correspondante entre les deux Rois. Outre qu’il n’avoitpoint de lettres de creancc,ny aucune autre marque de Ministre public.
Il est parlé en la Section deuxième, de cet Ambassadeur qui fit un si ex-travagant personnage pendant les mouvements de la ville de Naples. Ilsfont une des plus mémorables parties dePhistoire du temps,qui remarque-particulièrement, que le Marquis de Fontenay , Ambassadeur de France àRome,donna la mesme qualité à un nommé Louis del Ferro , pour en fairela fonction auprès de la prétendue République dcNaples , & le traitttità!Excellence. Ce prétendu Ministre ayant feeu, que le Duc de Guise , quiestoit arrivé à Naples, estoit en conférence avec Gennaro Anncíc , se fitouvrir la porte de la Chambre, comme à P Ambassadeur de France. Il n’a vvolt point de chapeau,mais deux chapelets au col, dont l’un, à ce qu’il di-soit,servoit à prier Dieu pour le Roy de France, & l-’autre pour le peuple dûNaples,&tenoit l’espée une à la main , avec la mine d’un homme qui íèsauvoit des petites Maisons plustost que d’un Ministre, Dés qu’il apper-ceutle Duc , il jetta son espée , & se prosternant à terre ,il luy alla baiserpieds,& luy embrassa les genoux si fort, que le Duc eut de la peine à s’endéfaire. Le Duc avoir des lettres de M. de Fontenay pour cet Ambassa-deur ; mais voyant un homme qui n’en avoit «y l'habit ny la mine,il ne fça-voits’il devoir les luy rendre. Toutefois considérant que c’estoit cet en-ragé,quiavoit fait enrager le peuple de Naples , & qui Pavoit obligé à ré-clamer, avec la protection de la France,le secours du Duc mesme , il résolut
de les