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de lettres,ou au plus comme un Ministre du second ordre,parce qu’il n'avoítpas le moyen de faire la dépense que avoir faite. La peine que cela
luy donna au commencement de la negotiation de Ptasecztnskj, fit connoi-stre le préjudice, que la dépense de l’autre avoir fait aux affaires. C’est furquoy les princes pourroient bien faire réflexion, s’ils vouloíent, 8c rcglerle train & la dépense des Ambassadeurs, qui en effet n’ajouste rien à la véri-table grandeur du Maistre.
Les Princes,qui permettent aux Ministres du second ordre de faire unedépense,qu’une Cour bien reglée nepermettroit pas de faire à un Ambassa-deur,ne font pas bien conseillés. II suffit que ceux qui ne sont pas représen-tants au dernier degré, ayent dcquoy subsister honnorablement ; en sortequ’ils puissent faire honneur au Prince, regler leur train & leur maison d’uncmaniéré qui les distingue d’avec les particuliers, & obliger le Prince à les a-vancer à d’autres emplois,& à récompenser leurs services. C’est une des cho-ses,dont les Princes doivent estre le plus soigneux; veuque s’ils ne leur don-nent des appointements honnorables,&s’ils n'ont un soin particulier de lesfaire payer punctuellement,ils ne sc peuvent faire honneur à eux mesmes.Sc«'en tirent point les services,qu’ils s’en pourroient promettre. Lc Ministre,qui est incommodé en ses affaires,& qui est obligé dedonner toutes ses pen-sées au moyens de fa subsistance, ne peut travailler avec application à cellesd’un Maistre,qui le négligé :aínsyque Walfingam le représente fi bien dansla lettre,qu’il escrit à Cecil du 14.Mars 1571. Avec cela on réduit quelquefoisle Ministre au désespoir; comme l’on voit en ce Residept de Brandebourg,qui ayant esté une sois prisonnier pour dettes,fut contraint de. déserter, &d’entrer dans lesínterests des ennemis de son maistre, pour ne point ren-trer dans la prison, ou du moins on l’expose à des tentations capables decorrompre Et fidélité.
L’Ambassadeur se doit bien asseurerdu payement punctuel de ses ap-pointements, devant que de se charger de son cmploy ; mais j’ádvoíic quecela estoit absolument impossible sous lc Ministre du Cardinal Ma/zarin.Entre les fonds qui se font en France au commencement de l’année,ccluyqu'on fait pour les Ambassadeurs est un des premiers,aprés la dépense de laMaison du Roy,& neantmoins peu d’Ambassadeursestoient payés, & pasun ne l’estoit punctuellement.
Aprés que le^s deux Plénipotentiaires des Couronnes eurent signé letraître des Pirenées.on fit partir leMareschal de Grammont,pour aller à Ma-drid demander l’Infante,dont le mariage faisoit la principale partie du traitté.U y alla en poste; mais bien qu’il fist le voyage en courrier,il ne laissa pas d’yfaire une grande dépense & un equippagetresmagnifique. C’est en quoy il
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