ses Fonctions. Liv. I.
-âeurs laies. Les AmbafTadeurs de France en furent fort estonnés,8í le Car-dinal de Lorraine s’en plaignit aux Légats,& particulièrement de ce qu’oj»luy avoit fait un secret de Tordre duPape: ce qui fit un bruit, qui se com*muniqua à toute Tassemblée. Les mesmes Ambasiàdeurs, api és en avoirconféré entre eux, firent venir le Maistra des Cérémonies, & luy demande*rent, comment il pretendoit en user à Tégard de la paix & de l’encens. Lleur dit Tordre qu’ii avoit, & fur cela ils firent des plaintes fort aigres auxLégats, avee des menaces de protester. Le Cardinal de Lorraine, qui estoitastis auprès des Légats,en secondant les plaintes des Ambassadeurs dit,qu’ilsavoient commandement d’en appeller auConcile, & de protester contre lcPape Pie, que les François difoient n’estre point légitime jparce qu’il avoitesté éleu par simonie, ôcque la Reine avoit dçs lettres de la main du Pape,qui le prouvaient evidemment. Apres ce premier emportement, qui ne fitpoint d’impression,les François dirent, que quand mesmes le Pape auroitesté canoniquement éleu,ils appelleroient de luy, comme d’un Pape tiran-nique,qur meritoit d’estre déposé, à cause de Tinjustíce notoire qu’il fai-■soit, en dépossédant un Roy mineur d’un droit,dont il jouissoit depuis plu-sieurs ficelés, fans contestation : & ce devant que de Tavoir oiiy. Que laFrance fe separeroit du siégé de Rome,jusques à ce qu’on yeust mis un Pa-pe plus juste,qui auroit restably le Roy dans la postession, dont on le dé-poúilloit avec tant d’injustice. Le Cardinal y ájousta., que tous les PrélatsFrançois partiroient,& que dans le Royaume on donneroit ordre aux af-faires de la Religion, ainíy qu’on jugeroit à propos; par un Sinode natio-nal,ou autrement. Mugltts & Drafcemtz., qui comme les premiers Am-bassadeurs Ecclésiastiques, estoient les plus proches des Légats, faifoient lesallées & venues, & tafehoient de remettre les esprits: àquoy ils travaillè-rent pendant qu’on achcvoit de lire TEvangile. Mais lors que le prédica-teur voulut commencer lc sermon,le bruit tut fi grand, que les Legars, pouréviter un plus grand fcandale.se retirèrent dans la sacristie, où les Ambassa-deurs de l’Empercur & de Pologne les suivirent. Lc Cardinal de Lor-raine y entra austy, & y fit entrer Régnant Ferrier , Tun des Ambassadeursde France, avec i’Archevesque de Sens, & pria PArchevesque de Grenaded’y estre présent. Celuycy luy rapporta, que lc Comte dcLunc ne deman-doit autre chose ; sinon que les ordres de Rome fussent exécutés, & qu’il s’yen rapportoit. Neantmoins les Légats,qui fçavoient, que le Roy d’Espagneavoit enjoint au Comte de ne point rompre, ce que TArchevcsque de Gre-nade leur avoit confirmé, dirent, qu’il ne falloit rien précipiter dans uneaffaire de cette importance , & qu’ils estoient obligés de mettre le Pape àcouvert du reproche qu’on luy pourroit faire de la dissipation du Concile,
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