488 L’ Ambassadeur et
apparence de schisme,il falloit l’évitcr cn toutes les maniérés ,Sc en laiflànt latoutes les pointilles, demeurer dans les ternies des loix & des Canons,&dans les sentiments des saints Docteurs. Que Ion opinion estoit , qu’iin’y avoit point de nouveauté en ce qu’il avoir ordonné aux Légats, &. quece n’estoit pas son intention, qu’on en fìíl à l’ávcnir ; mais qu’ils gagnas -sent du temps, & qu’ils taschassent de porter l’assa-ire à un tempérament: Scen tout evenement, qu’ils offrissent de faire le Concile juge du diffèrent.Que fî les François l’acceptoient,&quc le Comte le rejettast,il se mettroiten son tort, & le Pape hors d’obligation. Que depuis le commencementde son Pontificat les Espagnols n’avoient pas teste de le persécuter, & de lemenacer, que leur Roy rerireroit son Ambassadeur de Rome, & de Trentemeírae,si le Pape ne failoit ce qu’ils defiroient. Que voyant, que pourfi peu de chose il couroit risque de perdre l’amitié d’un fi puissant & si bonRoy, pendant que les François manquoient 1 cequ’ils dévoient à Dieu, parla paix qu’ils venoient de faire avec les hérétiques, & par leurs Edits, quipermettent les presebes, en dépit des Catholiques, comme aufsy par ['alié-nation des biens de l'Eglise, fans son consentement & contre fa volonté, ilavoit esté contraint de leur envoyer ses premiers ordres; afin de ne se pointvoir abandonné,sans amis fksimsappuy. Qu*ri avoit bien esperé, que l’cxe-cution s’enseroit faite fans bruit, ainfy que le Comte de Lune avoit fait ac-croire , mais voyant le péril du schisme, quoy qu’il fust bien persuade, quemtsmes fans cda les François sussent bien pour le faire, qu’il ne voudroitpas neantmoins leur en fourn ir l’occasion ny lepretexte. Ainfy qu’ils pou-voient différer l’execution de ses ordres, ménageant le secret de celuy, qu’illeur donnoit pour la surseance, jusques à ce qu’on auroit trouve le moyend’accorder les parties: s’en remettant pourtant à la discrétion des Légats,pour le publier,lors qu’ils !c juger oient à propos.
La disposition gencrale duConcsle estoit favorable auxFrançois: dcforte que les Ambassadeurs de l’Empereur,voyant qu’on les blámoit, parcsqu’on trouvoit leur procédé trop partial,s’cn excusèrent auprès des Légats;en protestant, qu’ils ne s’en estoient point mélés comme intéressés, maisfeulement comme Médiateurs. Il y eut mesme des Jurisconsultes duConseil des Légats qui soustenoient, que cette mâture estant purementlaique, le Pape ne la pouvoit decider qu'avec connotjsancc de cause,.(fr mef-mesaprés la soumission volontaire des parités: Cependant les Légats avoientformellement promis au Comte qu’ils passeraient outre, s’il le desiroit, &ils nepouvoientse justifier auprès du Roy d’Efpagne, s’ils s’en dedisoient;de sorte qu’ils travailloient continuellement, âvec une application extrême,à raccommodement, qui se fit enfin en la maniéré suivante. Que dans les
Sesfions