rkr Fonctions. Liv. T. 491
•cela des marques de sa prudence,& de celle de son Conseil. Au reste que lePape ne feroit en cela quecequ’il avoit voulu faire autrefois, & que ce.queia République de Venise faisoit desja : si bien que son exemple pouvoir fer-vir-de Justification à fa Sainteté.
'LcPape avoit offert de laisser la décision du diffèrent au Concile, oabien à la Rote; mais ny la-France ny I’Eípagne ne s’y voulurent pas sou-mettre : L’une parce qu’elle ne vouloir pas qu’on revoquast son droit eudoute, &l’auere parce qU’il sc définit du sien. C’est pourquoy il ordonnaenfin,que sans préjudice du droit, que chacune des parties pourroit avoirau fond,I’Ambassadeur de France ferait maintenu en4a possession,& qu’onluy donneroit la place, que ses Prédécesseurs avoienttousjours occupée,avant que Charles,pere de Philippe, cust esté éleu Empereur, & dont ilsavoient effectivement joui > tant dans la Chapelle qu a Trente. II offriten mesme temps de renvoyer la connoissance de l’affaire au Concile, ouà la Rote, & cependant de donner place à l'Ambassadeur d’Efpagne,íepa-remment des autres Ambassadeurs, parmy les Cardinaux, aprés le dernierCardinal prestre. Louis de Cuniga. &de Recjuesens, Grand Commandeur-de l’ordrc de S. Jaques en Castille, depuis Gouverneur de Milan, & eafuite des Pais-bas, on il mourut, s’emporta si fort fur cette déclaration,que le Pape luy dit en-colère, que c’estoit une civilité qu’il luy avoit faite,«en le mettant hors de rang d’avec les autres Ambassadeurs; mais puis qu’ilne s’cn vouloir point satisfaire, qu’il n’avoit qu’à aller où il luy plairait, &qu’il ne revoqueroit pas son ordonnance. „ II eícrivit aussy fur ce sujet ìla Reine Catherine de Medicis.que ce qu’il en avoit fait avoit esté par unmouvement de Justice, qui l’avoit oblige à regler le diffèrent comme il a-voit fait. Les Espagnols en firent grand bruit,&publioient que Philippeferoit agir ses armes pour s^en venger, Mais toute la vengeance qu’il enfit ce fut qu’il révoqua son Ambassadeur,&le Pape vouloit bien qu’on crust,qu’il y avoit en cela plus de complaisance que de ressentiment. Il y avoirquelque temps,que Rcquesens avoit, de son autorité privée, fait enlevertin certain Licentié,& l’avoit fait mettre en prison ; ce qui avoit si fort fa-sché le Pape qu’il avoit refuse de luy donner audiance, 8c avoit fait prierPhilippe,par le Cardinal Pacheco.de le retirer,comme un Ministre , quin’estoit pas fort propre à entretenir la bonne intelligence entre eux. Maisc’est en quoy il ne se flattoit pas tant , qu’il en vouloir donner à garderaux autres.-
Les Espagnols,qui estoient obligés de respecter le rcglement du Pa-pe à Rome, ne renoncèrent pas pour cela à leurs pretensions : au contraireils ont depuis ce temps là recherché toutes les occasions, qui les pouvoient
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