jjî L’ Ambassadeur et
Mais il semble,qué sàns cette nécessité il vaut mieux n’employcr qu’uufeu! Ambassadeur. Car si dans le nombre ils font tous également habilles,la contestation est inévitable. Si parmy eux il se rencontre un genie fort,8cun esprit impérieux,il veut régler les affaires à son caprice,les faire seul,8cs’en donner seul la gloire. L’Ambassade,que le Roy Henry IV. envoya enHollande en l’an 1607. estoit composée du PresidentJeannin,deBuzanual8c de Russy, qui vivoient dans une parfaite harmonie entre eux : pas tant àcause de la supériorité,que le Président,qui estoit l’un des plus confidentsMinistres du Roy,avoit fur les deux autres, que principalement parce qu’a-vec ses lumières extraordinaires il avoit une modestie & une douceur qui nesc peut exprimer. Cet exemple est rare, & encore ne peut on nier,quaprésla mort de Buzanual il n’y eut quelque petite mcfmc intelligence entre lesdeux autres. On ne peut nier non plus,que le Président n’eust tout le secret& toute la confidence, aprés cequeVilleroyluy escritdu ij. Avril 1607. Bu-zanual 8c Russy estoient tous deux dc la Religion R. Lc ainly ils nepouvo-ient avoir la confidence de Vilieroy. Les Ministres qui ont unmefme cara-ctère, qui se voyent tous les jours, 8c qui ont souvent à délibérer ensemble,ne sont pas tousjours dans les mesmes sentiments, ny d’humeur à entrer enceux de leur Collègue. On se plaist à soustenir sa propre opinion : on lefait quelquefois avec chaleur,& mesmes avec obstination: on envient à desquerelles,& à des inimitiés déclarées. II ne se peut aussy que dans le nombreil n’y ait tousjours quelqu’un qui ait la confidence duMaistre,8cqui excitepar là l’cnvic & la jalousie dc son compagnon. -
Des trois Ambassadeurs, qui estoient de la part de la France à Mun-ster, il n’y avoit que Servicn qui eu st le secret ; parce que les deux autresn’cftoient pas capables dc seconder les artifices de celuy, qui avoit la dire-ction de cette negotiation ,avcc celle de toutes les affaires du Royaume.D’Avaux, qui croyoit devoir avoir ect avantage fur ion collègue ,en pritune jalousie, qui devint une espece de rage, puis que de part 8c d’autre ilsvoulurent bien vendre leurs animosités publiques pardes lettres imprimées.Le seandjle, que toute l’affcmbléc en prit fut si grand, que lc Duc de Lon-gueville ayant inutilement travaillé à leur réconciliation,le Nonce 8c l’Am-bassadeur de Venise leur firent connoistre,quc le Pape 8c la République se-roient obligés de prier le Roy d’envoyer à Munster des Ministres plus ca-pables dc travailler à la paix qu’eux. Le Roy, aprés avoir dissimulé quel-que temps le seandale, révoqua d‘u 4 v(tnx , 8c lai fìà Servie» seul à Munster.II acheva sctille traitté de l’Empire , comme quelques années auparavantd’Avaux avoit moyenné seul la trêve entre la Pologne 8c la Suede,8c fait ré-gler seul les préliminaires pour le Congrès de Munster. La Taillerie avoit
seul