ses Fonctions. Liv. s. 541
sent d'une qualité fort différente , furent pourtant traíttév également àLondres,ils ont changé de conduite depuis, Sc ont acquiescé aux désirs del’Elccteur. On dira peutestre , que comme le Roy de la Grande Bretagnepeut avoir eu une considération particulière pour son altesse Electorale,pour laquelle il a de l’estimc , qu’il a associé à son ordre , & avec qui il abien voulu partager le soin desintercstsdela Maison d’Orangc,pendant laminoritédu Prince ;ainsy peut on croire,qu’il s’estmeslé un peud’animosi-tédans les ordres, que le Roy Treschrestien a donné fur ce sujet à íès Mi-nistres. On n’aura pas beaucoup de peine à se le persuader,ou á soupçon-ner au moins,qu’il n’y a pas grande complaisance à esperer de ce costé là-sioh veut faire réflexion sur lcsdémeslés,que la France a eu avec l’Electcurdepuis les avantages,que le Roy accorda à l’Elccteur parle traitté de Vof-sen en lan 1673. & sur ce que les Ministres de l’un ont publié contre la ré-putation de l’autre. Il y a aussy des interests fort opposés entre la Guede òeÌ’Electcur,tant a cause de la Pomeranie,que pour d’autres raisons i de fortequ’on ne fe doit point estonner du peu de disposition,que les deux Roisont à complaire à son Altesse Electorale.
Mais voyons,si celuy qui a entrepris de dénouer la question,y a si bienreussy,qu’il laissel’assemblée de Nimegue bien persuadée & convaincue dela force de les raisons , & si cette cause , qui devoit estre débattue par unraisonnement puissant,n’apas rencontré,sinon un prévaricateur jdu moinsun tresmefehant Advocat,& un trespauvre Sophiste.
Premiercment ce qu’il tire de l’histoire ou du Mercure del’Abbé Siri,ne fait pas beaucoup à son avantage ny à son intention. 11 n’estoit pas fortnécessaire d’establir la creance de cet auteur par la qualité de Conseillerd’Estat qu’il fedonne. II y a plus de dix mille Conseillers d’Estat en France,fans ceux qui le sont en effet,& fans ceux qui en ont la qualité à cause de leursoffices .• comme tous les Présidents tous les Procureurs & Advocats Géné-raux, les Maistres des Requestes Lee. Mais qui n’y ont pas plus de part nyaux affaires,ny aux honneurs qui les accompagnent, que ceux qui sont auxIndes. Ce n’est pas que je prétende affoiblir l’autorité de l’Abbé Siri : aucontraire,je íçais que feu Lionne luy a communiqué plusieurs excellentsMémoires,&qu’il n’y a point d’historien qui parle des affaires de Munsteravec plus de connoissancc & avec plus de jugement que luy. Mais ce queFauteur du dénouement en tire , touchant le tiltre d’Excellence , qu’ondonna cn ce temps là aux Ambassadeurs des Electeurs , & de l’ordre,que ceux de France eurent de les traitter également avec les Ambassa-deurs de Venise & des Provinces Unies, est assés hors de propos ; parcc
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