ses Fonctions. Liv, ï. 5?$
des insultes, le caractère d* Ambassadeur ne les auroit pas protégés non plus.J’ay parlé.en la première Section de ce livre de ['instance , que les Estatsdes Provinces Unies firent, à ce que les Ministres de France ostassentlaqualité d'Ambassadeur de leur pouvoir. Ils n’en voulurent rien faire ; maisils ne parièrent point de la raison, qu’ils marquent icy.
Ce fut presque au mestne temps que les Estats de Hollande publiè-rent leyr déclaration , qu’ils firent voir qu’ils fçavoient bien pratiquer euxmeímes ce qu’ils ordonnoient aux autres, & faire exécuter leur intentionpar la Cour de Justice. Don Antonio de Soufa de Macedo ,Ambaílàdeurde Jean Roy de Portugal, faisant des propositions, que les Estats jugeo-ient peu raisonnables, iisluy firent signifier,qu’ou n’entreroitplus cn con-férence avecluy, & qu’à l’ávcnir on ne le conjìdereroit pins comme osím-bastadeur, mais comme une personne particulière. Don Antonio répon-dit , qutl dépendait de Mr s. les Estats de continuer les conforences , ou deles faire cejser ; mais pour ce qui ejìoit de la qualité d’iAmbastadeur, qu’il.ne la tenon pas d'eux , gr atnjy qu’ils ne Feu pouvotent point dépouiller nonplus : cette faculté estant refervêe au Roy, son Maiflre , à l'excluson detous les autres Souverains. Qyie le Droit des Gens obhgeoit les Estais á lereconnotstre pour tel, quoy qu’tl ne leurfust pas agréable. Qu’il ávouoitbien , que le mestnc Droit des Gens leur permettoit de le faire sortir deleur pais, s’ils vouloient rompre avec le Roy, son maistre; mais qu’il fepromettoit toute autre choie delcurprudence : qu’en ce cas là ils dévoientIuy donner le loisir dt partir , & de le reconnotstre pour Ambassadeur, jus-ques à ce qu’ilfufl arrivé à Lisbone. Et de fait, lors que fes créanciers,&ceux de son prodeccsseur, pour lequel il avoit répondu , prefenterent re-queste , pour le faire arrester comme personne particulière , la Cour deJustice, qui estoit remplie de gens de bien, & de personnes graves en cetemps là, ne le voulut point faire qu’elle ne fçeust auparavant les sentimentsdes Estats de Hollande fur fine affaire si importante. Ils déclarèrent, quela Justice ne devoir pas avoir égard àla résolution des Estats Généraux‘,pzx-ce qu’elle n’avoit fa réflexion, que fur la negotiation de l’Arnbafladeur dePortugal, & ne pouvott empefeher, que le Droit des Gens ne fust constderí& conservé en fa personne, & que l'on ne rejpeélast son çaraélere .
Mrs. Slingelant, dc Masdam, de Hubert & Ysbrants, Ambassadeursdes Provinces Unies, estant au mois d’Avril 11556. arrivés à Louenbourg ,ville de Cassube ou de Pomerelle, le Gouverneur de la place, qui estoitSuédois, les empefehant dc poursuivre leur voyage, ils protestèrent, quele Droit des Gens avoit esté violé en leurs personnes. Le Gouverneurdit, qu’il ne les arrestois point; mais qu’il ne leur pouvoit pas permettre de/. Part. Ecee passer,