5-o l’Ambassadeur et
luy employa les armes publiques, pour le contraindre de íè sauver à Mor-
begno, & de là dans l’Estat de Venise.
Desl’anijq.le mesme Sénat avoit envoyé aux Cantons Pierre Stella,Secretaire du Conseil de Pregadi, pour taschcr de les Élire entrer dans laligue , que la République avoit faite avec la France contre ^EmpereurMaximilian, & contre les autres Princes, qui en vouloient à la liberté del'Italic. Mais dés que Stella commença à parler à Zurich de renouer l’amtiéavec la France, le peuple entra en fureur, & perdant le respect, que les per-sonnes raisonnables ont pour te Droit des (sens , il fe jetta fur ce MinistrePublic ,’ qui eut de la peine à fe sauver des mains de ces curages par lemoyen de quelques uns du Magistrat, qui luy fit donner des gardes. LeConíeil fut convoqué au mesme temps, où on résolut de faire la guerre àla France : ce qui fut exécuté avec tant de précipitation, que la levée mer-cenaire des troupes, leur marche confuse, la défaite des François, qui fu-rent battus à Novarrc , & le rcstabliflcmcnt de François Sforze n’eurentpresque point d’intcrvalle. Les résolutions, qui fe prennent en cette sorted'assemblées, ressemblent aux désordres & aux déreglcments, que produi-sent les soulèvements populaires, où le Droit des Gens n’est pas plus consi-déré que le Droit commun. L’Ambastadcur ne trouve pas íi feureté enIon caractère contre l'infolencc. d’un peuple soulevé , tk le Ministre Publicdemande inutilement la protection d'un Magistrat qui a perdu son autorité.
C’est pécher contre les loix Civiles, & c’est un crime que d’intercepterles lettres d’un particulier, parce qu on trouble la feureté publique; mais©n ne peut intercepter celles d’un Ambassadeur, fans violer le Droit desGens. Le Président Richardot, en partant de la Haye, où il avoit negotiécomme Ministre Public de la part dcl’Archiduc Albert, laiílà dans la Layettede ía table l’original de l’instruction , que son Maistre luy avoit donnée.L’hoste de son logis l’ayant trouvée, la donna au Comte Jean deNastau,& celuicy l’ayant fait tomber entre les mains du Prince Maurice , qui lacommuniqua aux Estais, elle fut austytost envoyée aux Provinces, & rendíícpublique. Richardot, en ayant esté adverty, eferivit au Président Jeannindu 7. Octobre 1608. en ces termes. Cejl violer & lus hojpitti, ctr le reli-gieux refpcíl, qui fe doit aux Ambassadeurs, les personnes & les biens des-cjitels doivent eflre en pleine feureté: (fr vouloit la raison, qutls me la ren-voyassent, an heu cl en faire trophée. Personne n’a jamais douté, que lafeureté, qu’on doit aux personnes publiques, ne paflast aufly jusques à leurslettres. L ç Président Jeanmn, Ambasiàdcur dcFrance en Hollande, avoitconfié lès dépcíches à un homme de connoistancc , pour les porter à laposte Cet homme eut l’astèurance d’ouvrir la lettre, d’en faire un extrait,
dont