6oo i* Ambas*aj>ïur et
Chanut, qui en cc temps la n'estoit encore que Résident de "France. L*Reine, qui estoit obligée d’avoir de la complaisance pour ces.gens là, sirdire à Chanut, qu elle ne luy voulott pas ester {exercice de ja Religion dant/<* Maison ; mais qu’elle le prioit de n’y admettre pas tant d’estrangers,parce que le peuple cn estoit scandalisé. Lc Secretaire Guldenclau, qui avoirfait le message, í’avoit prisd’un ton un peu haut.; c’est pourquoy Chanutrépondit, qu’il n’estoit pas obligé à b Reine de la liberté qu’il avoit d'eher-cer íTReligion dans fa Maison, & pour sa Famille, mais qù'tl la tenait à»Roy qui l'employoit, dr du Droit des Gens : & ainíy qu’il ne fermeroit pointla porte auK Catholiques qui sy preícnteroicnt. Que U Loy de Suède nepouvoit pas abolir le Droit des Gen: (ce qu'il faut bien remarquer contre lesnouveaux Politiques ) ny les privilèges , qu’tl donne à la personne & à laAîarson de { Ambajfadeur , ou du Mtnqìre Public , & qu’elle ne pouvoirí’estendre jusques aux estrangers qui estoient venus dans le Royaume fousla foy publique. Qu’il ne voyoic point dc Suédois dans fa Chapelle, aulieu qu a Paris toutes fortes dc personnes fe rendoientehez le Ministre Lu-thérien, qui y estoit toléré pour I’amour de la Reine. Que le Baron deRorté, son prédécesseur, avoit fait la mesme réponse A eux qui luy avoienttenu le mesme discours de la part des Directeurs du Royaume. Que laMaison efioit au Roy çs non a luy, & qu’il n’empescheroit pas les est ran-gers, & particulièrement les François s’y venir. Le Secretaire repartit, quiti le Résident n’y donnoit ordre, il y avoit lieu de craindre, que le peuple,qui cn prenoit du scandale, ne se portast à quelque violence. Chanut ré-pliqua, que la Reine estoit si bien obéré dans son Royaume, & que le Roy,son Maistre y estoit si fort considéré , qu’il ne pouvoit pas appréhenderqu’ií cn arrivast du désordre. I! en fit fes plaintes à la Reine, qui luy dit,que le Secretaire avoit excédé fes ordres, & qu’il avoit plus fait qu’on ne luyavoit commandé. Qu’clic estoit obligée d’avoir de la complaisance pourles Estats du Royaume, & quelle le prioit d’en avoir un peu pour elle pen-dant qu’ils seroient assemblés, & qu’aprés leur closture il cn pourroit usercomme de costume, & avec la mesine Jtberté qu’auparavant.
En l’an JÓOj. le Nonce, qui estoit à Venise, se plaignit de la liberté,que l’Ambassadeur d’Angleterre sc donnoit de faire prescher publique-ment dans sa Maison. Le Nonce disoit, qu’on y saisoit ie preícheen An-glois, mais qu’un jour on le pourroit faire en Italien, & y recevoir toute*sortes de personnes. Qusilfalloit obliger l’Ambassadeur á aller demeurerà Muran, ou cn quelque autre lieu eícarté, afin d’éviter le scandale. Ce<plaintes ayant esté portées au Sénat, il y fut dit, que le Roy d’Angleter-re estoit un si grand Prince, que la République ne fe pouvant paner de