Ses Fonctions Liv. f. 615
Cette exécution s’cstoit faite , & qu’il avoit voulu faire íaífir ícs gens, queI’Ambastadeur avait fait évader de la prison. Que puis que ^Ambassadeurfc donnoit k liberté de protéger des scélérats, & tout ce qu’il y avoit decriminels dans l’Estat dc i’Eglife, qu’ii de volt pour le moins estre permisa luy, qui en estoit le Souverain, de les faire reprendre par tout où ils ferencontroient : le Droit & de Privilège des Ambassadeurs ne devant pass'estendre fi loin ; particulièrement puis qu’il l’en avoit'fâitadvertir. L’Am-balïàdeur repartit, qu’il ne lè trouveroit point qu’il eust donné vetraitteauxfìjcts du Pape, mais bien à quelques Napolitains, à qui il pouvoit donnerfeurcté contre tes persécutions des Eípagnols. Aprés quelque contesta-tion, 1 c Pape consentit qti’on mist en liberté ceux que l’Arabaffacíeurnom-meroit : mais M. de Fontcnay ne fe contenta point dc ce consentement,& fit instance à ce qu’on punist exemplairement ceux , qui avoient faitcet outrage an Roy, que de violer le carojfe de son Ambassadeur, Le Papesoustint, que c'estoit l’Ambasiàdcur luy mcíine, qui avoit donné occasiona ce qu’on eufi manqué de rejpeíl pour son caresse, puis qu’il I’avoit fait ser-vir à làuver des prisonniers. Aprés de grandes contestations, jusques àdes menaces de part & d’autre, M. de Fontenay, à qui il importoit dc ren-voyer les Napolitains, & qui avoit peur, que le Pape Innocent, qui estoitextrêmement opiniastre, & plus Espagnol que François, ne fc rebutast en-fin, demeura d’accord avec luy, qu’on feroit sortir tous ies prisonniers, &que le Nonce, qui estoit à Paris, regleroit avec le Roy la réparation , querAmbaflàdeur.dcmandoit, à cause de la violence qui avoit eflé faite à soncarojfe. Tout l’avantage fut du costé de l’Ambassadeur; puisque îePape,cn rendant les prisonniers, áveùa tacitement qu’il le íèroitbien pasiéde lesfrire arrester, & qu’il avoit fait du bruit pour rien.
Les Ambassadeurs jouissent en Hollande de l’cxemtion de tous lesDroits, qui s’y ievent fur les denrées qui fc consument, mais ils font obligésdc payer ceux d’entrée & de sortie , dont on n’excmte personne. EnFrance, où le Roy me fine est obligé de diminuer sur le bail du fermier dela traître foraine les Droits que doit tout ce qu’il fait venir pour son pro-pre usage, l’Ambassadeur ne peut prétendre autre chose, sinon que le Royluy fasse la grâce de contenter le fermier pour luy ; mais il est obligé dedéclarer ce qu’il fait entrer dans le Royaume, ou cc qu’il en fait sortir pourson compte. En l’an 1561. la Reine Elisabeth envoya en Eípagne ThomasChaloner , son Ambassadeur, qui ne pouvant souffrir, que les commis dela Douane eussent ouvert fes caistcs & fes coftres, pour les visiter, en fitdes plaintes à la Reine, íâ maistrefle, & demanda à sortir d’un poste, où on
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