sï$ Fonctions. Liv. 1 . Biy
.principales parties de si fonction, si on fait un crime a Estât de lès intri-gues, & si on permet au juge du lieu d’en informer, & de procéder con-tre luy ? On íçait qu’il n’y a point d’amitié entre les Princes , & que lesapparences estant souvent plus dangereuses que les inimitiés déclarées , itseroit impossible, que l’Ambassadeur, qui craindrait la recherche de l’undes Princes, évitastles reproches de l’autre. Que seroient devenus tantd’Ambassadcurs, qui ont fait révolter les sujets contre leur Prince ? Quiontfourny l’arg«nt & les armes dont Us ont fait le guerre à leur Souverain?Qui ont fait des intrigues, pour faire surprendre des places en pleine paix?Qui ont formé & fomenté des trahisons, dont la feule mémoire fait hor-reur, & qui ont m «rimes attenté à la vie des Princes, auprès desquels ils re-sidoient ? Cependant auprès que la Reine Elisabeth cust fait retirer Ber-nardin de Mendoffe Ambassadeur d’Eípagne pour avoir en part à la conspi-ration de Trogmorton, Philippe II. le trouva si mauvais, qu’il ne voulutpoint voir Gut/ianme'Waad-, que la Reine luy envoya, pour justifier sonprocédé , & pour faire des plaintes contre Menàofse. Philippe jugeoitque la Reine estoîe obligée de luy faire fçavôir le sujet, qu’elle avoit dcn’estre point satisfaite de la conduite de l’Ambassadeur , devant quq.de Icchasser. 11 est vray : dans une affaire ordinaire elle de devoir faire, &les Princes ont accoustumé d'en user ainíy : mais il faut considérer, qu’ily a des rencontres , eù non feulement ou n’est pas obligé de garder cesmesures ; mais où il seroit m rimes tresdangereux de prendre toutes cesprécautions. Fr ans ois Trogmorton avoit conspiré contre la personne dela Reine, dont la vieestoit trespretieuse &trcsimportanteál’Estat, Mtn-dojfe y avoit trempé , & c'cstoit fous son nom que k trahison avoit estéformée, Jk fa présence pouvoir fomenter la conspiration , & animer lesconjurés, &ainíy on ne peut nier , que ce n’eust esté une tresgrande im-prudence de le souffrir dans le Royaume , en attendant qu on eferivit e*Espagne, & que Philippe fist réponse. Outre qu’en le faiíànt retirer, onle mettoit à couvert de la violence du peuple, dont le Magistrat n’est pas’tousjours le Maistrc. C’est lc mehric Bernardin Áíendojfe , qui tramaavec le Roy Henry IV. n’estant encore que Roy deNavarre, de lapait dePhilippe II. qui luy promit quatre cens mille efeus, pour l’obligerà pren-dre les armes contre Henry III. & qui après la mort de celuicy , fut undes plus grands boutefeux de k guerre , que 1a ligue continua de faire àson Successeur. La République de Venise ne fit point retirer tsílfon-fe de la Ctecva après k trahison qui l’auroit’ renversée jusques aûxfondements. Elle se contenta de prier lc Roy d’Eípagne dc 1e révo-quer : mais ce fut lors qu’il n’y avoit plus rien à craindre, & cette modera-I. Part. I i i i tion