ses Fonctions. Liv. !. éci
duerunt sanguine mûri, mais ce n’estoit pas un crime contre U Droit disCens . Le Pape & ses neveux en firent de grandes plaintes > &J’Ambassa-deur, pour s’cn justifier, demanda audiance avec empressement : mais leCardinal CarafFe luy fit dire, qu’il feroit bien de ne faire de si grandes in-stances pour cela; parce que f intention du Papeestoitde se faire attester,& peutestre de luy faire quelque chose de pis. Le Pape ne le pouvoit fàire,fans violer le Droit des Gens , qui n’auroit pas esté violé, si on eust arresté,& meíÌTies tué l’Ambassadeur dans faction, pendant qu’il chastbit la garde,& qu’il forçoit ses portes de la ville. Selon le Droit naturel on peut op-poser la violence à la violence ; & il ne considéré l’Ambaflâdeur, qui lorïdes termes de ù. fonction, pour troubler le repos public, que comme unparticulier dans la chaleur de faction ; ainíy que jc diray tantost, Diegode Mendojfe fit battre se Barrizcl ou Prévost de Rome. Le Maresehaèd’Estrée fit donner des coups de baston en plein jour aa Greffier du Con-sistoire, & son Escuyer força la chaîne des galériens: & neantmoins de tousceux qui parlent de ces actions, il n’y en a pas un qui die, que le Drott desCens y ait-esté violé. Au contraire, 1 e Greffier Criminel de Rome fútban-ny, parce que dans la Sentence de f Escuyer de M. d’JEstrée, il en avoir parlécomme d’un Domestique de f Ambassadeur de France.
Je dis bien davantage. A moins qu’il y ait un péril éminent, ou quele Prince , auprès duquel le Ministre Public résidé, ait dessein de rompreavec le Maistre, les Souverains sc doivent ce respect, que ecluy qui n’estpoint satisfait de la conduite d’un Ministre, s’en plaigne au Maistre, devantque de faire retirer le Ministre;, se réservant d témoigner son ressentimentcontre celuy qui refuse de luy faire raison. En fan 1563. la Reine Elisa-beth ayant esté advertie, qu ’Alvaro de Qu a dr a, Ambassadeur d'FJpagne,faisoit de tresdangereufes cabales dans ion Royaume , fit prier PhilippeII- dc révoquer. Philippe dit d l’Ambaíîàdeur de la Reine, qui f en pres-soir , qu’il ne luy pouvoit pas complaire en cela. Que la condition desPrinces feroit bien malheureuse, s’ilî estoient obligés de révoquer leurMinistre , dés que íà conduite ne répondrait point à l’humcur ou à fin-terest de ceux avec qui il negotie. La Reine, qui d’ailleurs n’avoh pussujet d’estre fort satisfaite du Roy d’Espagnc , ne l’estant point du toutdc cette réponse, fit donner des gardes a Don tAlvaro, & le fit interro-ger far les Seigneurs de fion Conseil. Cet Ambassadeur avoir traitté laReine avec peu de respect ; c’est pourquoy elfe n’en eut pas beaucouppour son caractère ; mais le fit traitter avec tant dc dureté, qu’il en tombamalade, & mourut dc déplaisir. Il falloir qu’il l'eust cruellement oftêníée,
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