6;8 l* Ambassadeur et
qui devait apparemment renouer l’amitié entre la France & fes Provin-ces Unies. Le Roy fit offrir de tresriches présents aux quatre Ambassa-deurs , qui íes refusèrent. Le Roy n’en dit mot, mais il défendit aux fkou sept Commissures, qui avoient travaillé au traitté, de recevoir les pré-sents que les estatsleur voulurent faire , & par ce moyen les Estats fe fi-rent autant d ennemis dans le Conseil du Roy de France.
Apres que í’Ambastàdeur à receu son présent, & qu’il a achevé fesdernieres visites, il faut qu’il faste austy nn présenta I’Introducteur, & il seréglé en cela fur la valeur du présent qu’on îuy a fait, ott fur la peine queton a eue à le conduire aux audiances , qu’il a eues pendant ion Ambas-sade. Monsieur de Bafíbirtpicrre ne fit pas grand sejour à Londres, maison luy fit un si beau présent, qu il en envoya un de trois eensjacobus auMaistre des Cérémonies. If y a des nations » & mcfmes des Ministres »qui fçavent mieux la lésiné les uns que les autres , & il y a des Ambassa-deurs» qui n’ayant point d’honneur» ne soavcnt pas austy comment ils cndoivent faire à leurs Maistres. On doit avon>honte de lire dans les Mé-moires d’Angleterre-imprimés les noms dc quelques Ambassadeurs , quiaprés avoir esté quatorze mois à Londres » & aprés avoir eu plus dc soi-xante audiances, furent astes lafehes, pour faire au Maistre des Cérémoniesun présent de six vingtsducats; quoy qu’il leur eust porté un fort riche pré-sent de la part du Roy.
Bien que ce ne soit pas mon intention de parler icy des présents, queles Princes se font entre eux, non plus que de ceux que les Ambastideursfont dans,les Cours où ils negotient, je diray pourtant qu’ils font telle-ment de l’estence de L Ambassade dans les Cours de l’Orient, qu’il y a desPrinces, qui ne s’envoycnt des Ambassadeurs, que pour faste accompagnerleur présents dont ils font une efpcce de commerce. En l’an 1621. le RoyIndien dc Decan envoya son Ambassadeur à Schach ^ 4 bas, Roy de Perse;seulement pour luy faire présent de quantité de ces pieces de cotton, quise font en son pais, qui dévoient en quelque façon payer les chevaux »que le Schach luy avoit envoyés quelque temps auparavant. Mais ce qu’ilsappellent présent n’est proprement que marchandise; parcc que dc part &á’autre ils cn ajustent si bien la valeur, qu’il n’y a point d’avantage ny pourccluy qui fait > ny pour celuy qui reçoit le présent,& ils le règlent commeune chose, où leur réputation est intéressée. Sur quoy il y a biendes choses à dire, mais comme elles ne íont pas denostresujet, je fmiray icy la première partiedc ce traitté,
fin du Premier Livre .
TABL-E