Ses Fonctions. Liv. II. jy
d’estrangers chez elle, ces religieux n’y paroistroient pas sitost, que leursvisages nouveaux & inconnus n'excitaíTênt la curiosité de ceux, qui voit-droient sçavoirleur profession, aussi bien que le sujet de leur voyage, &que s’ilss’aviíòient de parler de controverses, cequeesttresleverement dé-fendu par les loix du Royaume,ils exposeraient leursperíònnes â des périls,trescvidents,&l’autoritédu Roy à un affront inévitable. Que toute la fa-veur, qu’on pourrait obtenir pour eux,ceseroitde les faire chasser hon-teusement, & avec scandale.Qu’aveccela la Couronne de Suede auroit Ju jetde se plaindre au Roy, de ce que [on Ambassadeur s ingérois aux affaires do-mefttquesdu Royaume, & qu’au lieu de travaillera conserver la bonne intcl-, ligence entre les alliés, il donnoit azyle Scretraitte à des gens, qui estoieritcapables detroubierle repos del’Estat, mesmes au préjudice des interdisde la France. De routes les affaires, qui peuvent occuper un A mbassadeur,celles qui regardent la Religion & les Religieux font les plus délicates. LePatriarche Latin de Constantinople, voulant envoyer quelques Jesuites àPera; pria Dojfat de les recommandera deBreves, Ambassadeur de Fran-ce, afin qu’ils trouvassent leur protection en son caractère. Dojfat répon-dit, qu’il fraserait escrire fur ce sujet, sans l’ordre duRoy, & quequand.ilíferiroit, Breves n’auroic point d’égard à ses lettres,& n’y en devrait pointavoir, íànsíçavoirlavolontéduRoy. Que les Jésuites avoientía réputa-tion d’estre partisans d’Espagne, &leTurcestant en guerre avec la Maisond’Austriche,on neseroítpasbien aise peut estre, de voir arriver de ces RcSjligieux àConstantinopIe.
Devant que de sortir de la Suede, je parîeray encore d’une affaire, oàelle eut bonne part. Le commencement des troubles de France estoitd’au-rant plus dangereux, que le Roy estant sorty de Paris la veille des RoyS,mit leSiege devant cette ville,la Capitale du Royaume. Shering Rofenhan,Ambassadeur de Suede , craignant que ces désordres n’efnpeschassentheschangc des ratifications, & l’executíon du traître de Munster, pendantque la France estoit encore en guerre avecque l’Espagne, & que la Suedenedemeurast seule exposée au ressentiment de l‘Empereur,en parla avectant de chaleur au Cardinal Mazzarin, que celuyci luy dit, qu’il doutoit quela Reine deSuede l'avouast de tour ceqn'ilavan^oît.^s/ê»/l?L-r vouloir ob-liger la Reine Regente à s accommoder avec le Parlement,-& avec ceuxqui festoient déclarés contre la Cour •, mesmes à des conditions, qui'fai-lòientunebreschéà l’autorité Royale. Le.Cardihaî èn estrivit áChantít,
, qui eo paria à la Reine Christine, mais en des termes fi généraux, que laReine ne pouvant comprendre de son discours ce qui s’estoit passé en-tre les deux Ministres, répondit seulement, qu’elle esperoit, que
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