Ses Fonctions. Livre II. 87
ilsPeurent-, & siirpiirent paria la fine politique du Cardinal. Si ce Mini-stre eut fait negotier les interests particulieur du Prince avec le Princemefme, il s’acqueroit ['amitié d’tin si grand sujet, & mettoit du eosté duRoy un avantagéincotnpaiablement plusgrandquc celuy, que luydon-noit l'acquisition de deuxoutrois mefchantes bicoques, que Ies armes au-roient acquises en l'an 1667. fans la moindre résistance.
La prudence a cela de commun avec toutes les autres vertus, qu’onne ícauroít s'en éloigner tant soit peu, que l’on ne donne dans le vice,&qu’ellene deviene timidité, ou qu'elle ne dégénéré en finesse, & mesinesen fourberie. Aueommencement de l’an izyz. le Roy Charles IX. en-voya en Angleterre Albert de Gondy, Comte de r fetz.. C'estoit un adroitFlorentin, qui fous prétexté de faire confirmer le traitté, qui avoit estéconclu àBíoisl’annéeprecedente, avoir ordre de justifier ce qui s’estoitpassé au meurtre de la S. Barthélemy. II rencontra la ReíneElifabeth àCanterberry, où le jour de la instance de cette Princesse devoit estre cé-lébré par l’Archevesque du lieu, qui luy fit un superbe festin. L’Ambas-sadeur de France, qui en fut prié, trouva l’occasion de mettre la Reine furle discours de cette horrible journée, &sceut donner un si admirable tourà cette action inhumaine, dont il rejetta la cause fur les Religionaires, quela Reine en demeura comme persuadée: ou du moins elle voulut bien fai-re croire, qu'elle l'cstoit; afind’avoirun pretexte de ne point secourir lesProtestants de France, dont elle n’estoitpas fort íasisfaite. L'action deCharles IX. ne fepeuvoit pas justifier, & un homme d’honneur ne l’auroitpas voulu entreprendre. Ce que le Pape Clément VIII. en dit au Cardi-nal Dossat, fart connoistre, que c’estoit la plus lafchc trahison, dont onait jamais oui parler.
Fn l'an rz B). le Due de soyeuse, l’un des favoris de Henry III. ayantdessein de faire un establishment proportionné à fa fortune, jetta lesyeux fur le gouvernement de Languedoc, & ne pouvant obliger ie Ducde Montmorancy às’en défaire, iltafcha dc Ben faire déposséder par desvoyes indirectes, en faisant accroire au Pape, que ce Seigneur estoit amy& partisan du RoydeNavarre& du Prince de Condé, ennemis de la Re-ligion Cathol que Romaine. Le Roy & la Reine Mere, qui n aimoientpormia- M-aisorrde Montmorancy, & qui vouloientfaireparoistreleDucdejoyeuse en Italie, avec des marques éclatantes de la faveur, fecondoientíes destèins, & luy donnerent des lettres de recommendation pour le Pa-pe, & pour tous les autres Potentats de ces quartiers là. Le Duc, enparlant au Pape, luy dit, que le Roy son Maistre, veilloit continuel-lement à la conservation de la Religion Catholique & de lanterné du
S.Sie-