Ses Fonctions. Liv. II. irz
qui eftoit grand Cànoniste, &quiparloit fort pour les droits de PEglise,voyant queZse/Mf*défendoitavec une grande fermeté ceuxdela Républi-que , luy ditun jour,que s’il estoit Pape, il ne s’amuferoit pas tant à dis-courir» mais qutl excommunierait le Doge (fi le Sénat : & moy répartit.Donttti, fi s estais Doge t je ne me joue ter ou point de vos excommunica-tions. Le Cardinal fut éleu Pape, sc Donatt Doge, 6c ils s’aequitterentde leur parole dignement l un & i’autre.Paul V. excommuniât le Doge avecle Sénat, & le Doge & le Sénat fe moquèrent de l’exçommunication, & sor-tirent d’aífaires avec gloire.
Ces réponses sensées Sc courageuses, 8c les actions fortes deFAm-bassadeur, sortant d'un mesme principe,il semble que j'e» dois diïeunmocdans cette Section. Les unes & les autres doivent estte également esti-mées, pourveu quela petulancene fe messe point dans les paroles, Sc queTinfolence n’entre point dans les actions. Celle eC Antoine de Fonfeca,qui defehira le traitté, en la présence de Charles V1II.& de plusieurs grandsSeigneurs, estoit impudente. U voulut faire une action d’éclat ; mais ellemeritoit qu’onluy fistun sanglant affront, puis que le Droit des Gens em-pefchoit qu’on ne luy fist violence. L’actionde Pierre Caponi,ì\i contrai-re, luy pouvoit bien attirer une violence; mais non un affront; parce qu*el»le estoit genereufe & honnorable. Charles VIII. Roy de France ne trait-ta pas fort bien ses Florentins, aprésqu’ilsl’eurentrcceudans leur ville,Scleur demandoit des choses fort préjudiciables à leur liberté. Pierre Ca-poni, qui estoit un des quatre Députés, qui dévoient traitteravec ses Com-missaires François, se trouvant un jour en conférence avec eux, en la pré-sence du Roy, 8c voyant que ses François insistoient tous jours à demanderdes conditions fort dures & injustes, arracha le papier, où elles est oientcontenues, des mains de ccluy des Conseillers qui les avoit proposées,& en les déchirant devant le Roy, il dit: Puisque vous vous opmiastrez. àdemander des choses fi peuyaifonnables, von ^ n avez. qu'a sonner vos trom-pettes, (fi nous sonnerons nos cloches, pour voir qui demeurera le Aduistre.O U pouvoit luy faire violence, fans en faire an Droit des Gens, parce qu’ilil’estoitpasMinistrepublic: & parce qu’il fit une action glorieuf, pourlaconservation de la liberté de fa patrie,on ne luy pouvoit pas faire un affront.Elle luy réussit, parce que les François surpris d une si belle résolution, mo-dérèrent leurs demandes, & s’accotnmodcrent avec les Florentins.
Sultan Ibrahim fut tellement irrité de la perte de Galion, que les Ga-lères deMaltbe avoient pris,qu'il jura qu’il feroit mourir tous IcsChrcst cnsqui sctrouyoient dans son Empire, 6c qu’il n’épargneroit pas mes m es
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