Ses Fonctions. Liv. Ií. íjt
ìl dit. tjue le Roy, son Maistre, seroit tousjours prest de venir au secours duRoy d'E.ípagne, son beaufreré, avec une armée de vingj: mille hommes,pòuípuniríés sujets rebelles. Ce discours irrita tellement les Catalans,.qu'ìls furent fur !e point de prendre les armes, à dessein de tuer Le
Roy, qui fut adverty du danger où Fargû se trouvoit, pria lAmbassjdeurdei’Empereur de ne le point abandonner, & de se faire accompagner de quel-ques gardes du corps, pour le conduire enseutetéá son logis : mais Fargis, -ati lieuse modérer fa chaleur, & de ne se point commettre, comme,il ayoi’tdesja fait deux ans auparavant, s’emporta encore à de plus grandes vanités, j&à deplussottes rodomontades,quidépleurent bien autant à la Cour de.France qu’aux Estats de Catalogne.
Vn Ministre modéré suroît tout autrement usé, quenefitZ>0»2?<«/-thafar de la Caeva , Ambassadeur d’Espague à Vienne eu Tan 1666. Quel-ques uns de ses Domestiques avoient fait une grande violence à un des pre-miers Officiers de la Cour de l’Empereur. On les avoit poulies, & con-traints de fe sauver dans Ihostel de ville, où ils continuoicnt des’opposcràla garde. LAmbassadeur, aulieu de blámerl’insoience de sesgens, &detascher de les faire retirer, voulut bien autoriser leurs excés par fa prefence,&remplit la Cour de ses injustes plaintes. L’Empercur en fut fort scanda-lisé,donna des gardes à l’Ambassadeur, refusa de iuy donner audiance, &l’obligea à Iuy faire des excuses. Le Ministre, qui est obligé d’en venir là,ncfait pas grand honneur à lon caractère, ny à son Maistre.
LAmbaíIadeur doit faire paroistre sa modération en toute sa condui-te, oùMenpeuttrouver l’occaíìontousiesjours; dont on a un tresillustrcexemple auCardinal Doííat, &au démeslé qu’it eut avec Frere Hi(aire deGrenoble, Capucin, un des plus impertinents moines, que le cloistre ait ja-mais nourris. Le Cardinal en dit les particularités dans lalettre, qn’il eserità M. deVilleroy du2Z. Fevrieriáoi.Ce Moine, qui estoit la vanité mesme,aprés avoir entretenu le Cardinal de plusieurs choies fausses, le pria de IuyíaireavoiraudianceduPapc. Doílat le Iuy promit, & cn parla Iuy meíme )au Maistre de la Chambre, aulieu que s’ill’cust demandée pour Iuy nicíme, .il l’auroitfaitdctnanderparun estaffier,ouparun gentilhomme: mais d a ti-rant que le Pape, qui avoit estéindiiposé, n’en avoit point donné aux Car-dinauxnyaux Ambassadeurs depuis quelque temps, & qu’iin’y avoit point \d’apparcncequ’illeurprefcrastunCapucin, Dojfat fie dire au Moine, qu’ilfalloitqu’ïlíedonnast un peu de patience.Le Moine s’en trouva offensé, semit en colcre,& dit à plusieurs personnes de qualíté,qinl sc seroit bien don- ,neraudiance,sansqucIeCardinaIs’enmcsIast:&surle message honneste, que ,le Cardtnall uy fit faire pour le mesme sujet,il Iuy fit dire,qu’ils’en retourne-roit bientosten France, & que le Roy le renvoyéroit avec d’autres lettres;
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