1^-0 L’Ambassadeue. et
J’ay de la peineà me persuader pourtant, que/e DrottdesGeai, qui nedoit servir qu’a la conservation de la société civile, voulust protéger ceuxqui en détruisent les principes, en formantdes trahisons, en faiíànt des at-tentat* contre la personne du Prince', aupré* duquel ils résident, en fo-mentant la rébellion, entroubiantlereposdcl’EstatjOu en favorisant des.hostilités en pleine paix. L’Evesque de T{ojfe, Don 'Bernardin de Men-dtjse, s AbbéScaglta, & quelques autí es Ambasiadeurs,dont j’ay parlé ail-leurs, nefaisoient pas un commerce que le Droit des Gens fooffie. Ils necorrompoient pas les Ministres, pour en apprendre des secrets, mais ilafaisoient des cabales Si des trahisons contre le Prince & contre l’Estat.fhil. de Comminejjnge, que le Prince bien advisé se doit défaire de.ces for-resdeM niltres, mesthants ou incommodes.
On corrompt les Ministres, non feulement par des présents ; maisaussi par p'usieurs autres moyens. Onflatte la vanité des uns, òc on exciteJ’ambitiondfs autres par des louanges & par des éloges excessifs. On faitesperer une grande fortune aux uns, & nourrit le mécontentement des an-tres, en entrant dans leurs interests contre le Prince, dont ils croyent estrenegligésou méprfés. Les Ministres d’Espagne&de Savoyeemployèrenttous ces moyens pour débaucher Le pour perdre le Drn de Btron. LeRoyHenry ÍV.l’envoyaà Bruxelles, poury voir jurer la paix de Vervins. L’Ar-chiducluyfit des présents, non comme à un Ambassadeur, ou comme à unOfficier de la Couronne, que le Roy consideroit extrêmement, mais com-me àun homme, qu'il vouloir acquérir, Lc qu'on nopouvoit achetter tropcher. Les Espagnols luy empoiíonnerent l’esprit par des louanges extra-vagants, & par des efperances d’une Sou veraineté imaginaire. Le Duc deSavoye acheva de le gagner pâr des promesses d’une grande alliance, maisprincipalement par des rapports malicieux,qu’il luy faisoitdupeu d’estime,que Iç Roy faisoit de la personne. Il croyois queleRoynepouvoitrecon-■noistreíes services, qu’en partageant le Royaume avec luy; de forte que sevoyant mis au rang des autres strets, bien que des plus illustres, il s’oublia sifort, qu’il se mita consoirer contre la vie de son Souverain,le meilleur Prin-ce, qu'on ait veu depuis plusieurs siécles. Le Comte deFiesque, Ambas-sadeur de Savoye, en faisant compliment au Roy sur la découverte de laconspiration deBiron, voulut justifier son Maistre; mais fa justification ne■futp3s bien receiie. Le Roy, bien loin de se plaindre des Ministres, quis’en estoient mélés,ne volntpas seulementqu’on en accusais ny eux ny leurs•Princes. Ceux qui ont tant soit peu, degenero site, ne se souillent point decette sorte de trahison, & ceux qui ont un grain de prudence, .ne . doiventpas faire connoistre qu’ils en font capables,
ÌI est