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L’AmB ASSADEUR ET
Section XIII.
Des Traittés de. Aíunjler 0* d’Osnabrug.
D Epuis plusieurs siécles il nes’est point fait dc negotiation, où.tant deMonarques, Potentats & Princes soient intervenus, oìi il ait falluvaincre tant de difficultés, où il fe soit rencontré tant d’imerests dif-férents & opposés, & où on ait employé un si grand nombre d’ha-billes Mi-nistres, qu’au Congrès de Westphalie. C’cstpourquoyj’ay jugé» que jeferois une chose, qui neferoítny desagtéableny inutile à ccuk, qui préten-dent entrer en des emplois publics, d’en dire les particularités les plus es-sentielles dans une Section séparée de celle qui parlera des principaux trait-tés, qui ont esté faits depuis quatrevingts ans. L’Empercur, auquel s’esto-ient joints, avec l’Electeur de Bavière, les Princes & Estats Catholiquesd’Allemagne: le Boy de France, celuyd’Eípagne, la Couronne de Suede»qui parloit pour les Protestants d’Allemagne, & les Estats des ProvincesUnies, estoient les chefs de partis. Le Roy de Dannemarcavoit offert famédiation àl’Empereur& à la Couronne de Suede, & elle avoit esté agrée.Mais ce Roy s’estant rendu suspect, par les intelligences sécrétés, qu’il entre-tenoit à la Cour de Vienne,8í parles negotiations qu’il faisoit faire en Mos-covie, où il n’avoit que trop témoigné la jalousie, qu’il avoit de la prospéri-té & de la grandeur de la Couronne voisine, les Suédois se voulurent déga-ger de cette médiation, &s’en dégagèrent d’une terrible maniéré en rom-pant ouvertement en l’an 1644.. Par ce moyen toute la Médiation de-meura au Pape, & en quelque façon à la République de Venise, qui sc servi-rent des talents de Fabio Ghìsi & cCAloyfio Contarini , pour la perfectiond’un si glorieux ouvrage. Le premier avoit, entre plusieurs autres gran-des qualités, celle de fçavoir parfaitement bien couvrir íès mauvaises, 8cavec un si admirable artifice » que tout le Collcge des Cardinaux ne les re-connurent, qu’aprésqu’ils l’eurent fait Pape. L’autte estoit homme d’hon-neur: & il estoit forty avec réputation dc tant d'Ambaífades , qu’il y avoitacquis celle d’un des plus babilles negotiatcurs de son temps. L’intcrcst del’un&del’autre estoit de faire reùísirla negotiation; tant pour fe faire hon-neur, que parcc que Ghìsi s’ouvroit paria la voye à déplus grandes digni-; tés, & que Contarini » en faisant faire la paix, donnoit à ìa plusparr des
Princes