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Seconde partie.
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L’Ambassadeur. et

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Section XVI.

Da Rapport que t Ambassadeur fait defiNegoùatïon.

I L y a grande difference entre le Rapport, quei’Ambaíîàdeur sait de sanégociation & de son Ambassade, & entre la relation qu’il fait dcia Con-stitution del’Estat & de la Gourou il a negotié. Tous les Ambassa-deurs font rapport; mais il y en a H peu qui fassent une relation pertinentede l’Estat, où ils ont résidé, qu'il semble que cela soit particulier à ceux deVenise,qui en ontfait de tresbelles; particulièrement de la Gour deRo-„ me, & de quelques autres Cours d’Italie. Philippe de Committes àit, que„ le Prince ne doit point souffrir, que son Ambastadeur fasse son rapport en„public; mais qu’il doit fe le faire faire à Iuy feui, ou en la preíènce de peu„ deperfonnes;depeurque les mauvaises nouvelles, dont ils peuvent estre„ porteurs, n’intimident le Conseil, ou n’épouvantent le peuple. II y ajou-„ ste, que le Prince doit advenir son Ministre de ce qu'il veut qu’il íoitpu-,,blié, & de ce qu’il doit répondre àceux qui luy parleront d u succès de fa„ negotiation. Committes ekrivoit dans un temps, où toutes les Ambassa-des estoient extraordinaires, & où le plus souvent une feule affaire faifoitlesujet de l’Ambassade. Les voyages&le séjour des Ambasïàdeurs estoientle plus souvent fort courts: de fortequ’a leur retour ils ne fatigoient pasbeaucoup le Prince, en luy rendant compte del'affaire, dont ils avoient eule maneige & la conduite. Mais cette précaution n'est pas fort nécessaireaujourdhuy,parce qu’il n’y a point de Souverain,qui ne vueille que fonAm-basiàdeur luy fasse rapport de íanegotiatíon à luy seul, bien que toutes sesdépesches luy ayent esté communiquées, &<qu’il nepuisse pas ignorer ce quis’y est passé: tellement qu’encore que fort rarement il apprenne parla bou-chedel'Ambassadeur autre ebofe que ce qu'il a veu dans ses lettres, il veutneantmoins qu’on luy rende ce respect: ut ratio unireddatur. Outre qu’ilest juste & nécessaire, que le Ministre remette son caractère entre les mainsdu Souverain, de qui il l’a reccu.

Dans les Royaumes & Estats» où le Souverain partage en quelquefaçon la connoissance & la disposition des affaires, ou avec un Premier Mi-nistre, ou avec son Conseil, ou bien avec le Sénat, l’Arnbassadeur fait aussirapport à ceux qui ont part à la premicre autorité. Les Républiques ont

leurs