Ses Fonctions. Lrv. II. 277
fonnagês,afin que l’on y voye le portrait & les qualités de Pun & de l’autre.
11 dit donc» que £ Avaux w o\t autant de mérité qu’aucun autre Ministre duRoyaume, & que dans les emplois continuels il avoit acquis une expérien-ce & une prudence,qui le rendoient capable dumaneige des affaires les plusimportantes. Qu’il en avoit donné des preuves estant Ambassadeur à Ve-
rnie, où il fit condui re une alliance pour les incerestsdu Duc de Mantoue:en la trêve qu’il fit conclurre entre la Pologne & la Sucde, & en la longue Scfascheusenegotiat/on du traitté préliminaire, qu’il fit conclurre à Ham-bourg; mais particulièrement en la fuite de la negotiationdeMunster,dontcelle qu’il fit à la Haye en l’an 1644. faifoit partie. Tellement qu’on lecroyoit au dessus de toutes les affaires,quelque difficiles ou épineuses qu’cl-les fussent, Mais qu’il estoit pesant & rude plustost qu’éveillé & poly;quoy qu’il reparast de défaut par une application infatigable; employantquelquefois de semaines entieres à retoucher ses ouvrages, encore qu’il nefussent que de peu de lignes. Qu’il avoit fort bonne opinion de (a personne,Sc qu’il ne pouvoit souffrir qu’on mist quiquecefusten comparaison ouen égalité a vec luy. Que Servien au contraire avoit la réputation d’un desplus habileshommes du Royaume. Qu’il avoit exercé la charge de Se-cretaired’Estat, fous le difficile Ministère du Cardinal de Richelieu, avecune tresgrande fuffiftnce, aussi bien que celle d’AmbassadeurExtraordinai"reauxtraittés de Querasque, qu’il avoit fait conclurre avec une adresse ad-mirable. Qir'il avoit l’esprit vif, présent, & tout de feu, propre pour l’hu-mcnr&pourlcgeniedelanation. Que c’eífoit pour cela au’il avoit de lapeineàceder kd! Avaux, qui estoit son ancien dans l’employ, ,& auífi plusconsidérable à cause de ses parents, qui possedoient les premieres chargesdelarobbe. Tellement qu’on pouvoit dire d’eux ce qu’on difoic autre-fois de César & de Pompée, quesi Tun ne pouvoit point souffrir d’égal, l’au-tre ne vouloir point reconnoistre de supérieur. L’un avoit un zele trop ar-dent pour la Religion Catholique Romaine, & l’autre estoit tropombra-geux,emporté & violent: mais ilsestoient tous deux hautains Sc superbesavec excés. Ceux qui pourroient croire, que je ne donne pas unair ailes naturel à leurs portraits, n’ont qu’à lire les lettres qu’ils sesont escrites, & qu’ils ont bien voulu publier, quoy qu’ils ne s’yfassent pas grand honneur , non plus qu’au Roy leur Maistre. 11 fautavouer que s’il y avoit quelque chose d’incommodeen<s- 4 t/*«:v, il y avoitquelque chose d’iníupportable en Servien, que celuycin’avoit pas la pro-bité nyledesinteressementdel’autrc, & que si Servien a laissé une granderéputation, d’Avaux en a laissé une beaucoup meilleure. Le Com-te d’Avaux, son neveu, ajoustera un nouveau lustre à la mémoire de
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