2.8r L’Ambassadeuk. et
Ange Contarini possedoit toutes les qualités neceiTàires à un Ambas-sadeur, quoy que la B-epublique de Venise lait employé à des Ambassadessolemnelles plustost qu’a de grandes négociations. Il fut envoyé d’aborden Angleteri e avec Antoine Cornaro, pour complimenter le Roy Char-les I, fur son advenenaent àI3 Couronne, En l’an 1619. il fut envoyé auJ^ape Urbain VIII. qui en fit une estime toute particulière, & en l'aniSz?.il fut Ambassadeur Extraordinaire auprès de l’Empereur Ferdinand Iil.Ea conduite, que son Successeur tint en l’an 1643. à l’égard duGeneralSpar, qui l’a voit offensé, fait voir, que c’estoit un véritable Ambassadeur, &qu’ilsçavoitbiencequec’estoitdeíadignité de son caractère.
Ange Cornare , Ambassadeur de la part de la République à Paris,estoit unssuj :t si babille, que le Cardinal de Richelieu, le plus grand Mi-nistre , que la France ait eu depuis que cette Monarchie subsiste, le consul-at oit & se servoit souvent de ses advis dans les conjonctures les plus fascheu-fes. Il souffrit mesmes, que ce Ministre effranger s'employast pour lare-conciliation du Comtede Solfions & du Duc de Ourse, qui estoit uneaf-fairetrçsdelicate,pourlesquelsonnevouoit pas que le Pape intercédais,i&ilauroit fans doute fait l’accommodcment du dernier, fans les empor-tements de ce Prince , qui surent cause de sa ruine, & il s’en fallut peuqu’elles ne le fussent de celle de fa Maison. Comare s’estoit rendu si agréa-ble, & mesmes si nécessaire à ce Premier Ministre, que les anneesde sonAmbassade, qui sont réglées à Venise, estant exspirées, leRoyescrivitde sa main au Sénat, pour le prier de dispenser l’Ambassadeur de langueurdes loixdel’Estat, & de luv continiier son empioy pendant quelques an-nées: à quoy le Sénat acquiesça. Ilsalloitposseder des qualités bien ex-traordinaires, pour pouvoirs’acquerir dans ce poste non feulement l’esti-me, mais aussi la confidence d’un Ministre, qui n’estoit pas fort prodigueny de l'une ny de l atine, jusques à luy communiquer les affaires les plus sé-crétés, Síà employer ía personne en des Cours estrangeres, pour le servicedu Roy.
Antoine le Brun, ProcureurGeneral au Parlement de Dole, estoitle dernier, mais le plus habille des Plénipotentiaires , que le Royd’Espigne eust à Munster, Il avoit plus de conno ssance des affai-res des Pais bas qu’aucun de f s Collègues, & comme il avoit aus-si l’humeur plus accommodante & la conversation plus agréable, ilestoit aussi plus propre pour la negotiation». De forte qu’on peutdire, que c’i-st á luy particulièrement que le Roy d’Espngne fur ob-ligé de la paix, que les Hollandois y firent à l’exclusion de la Fran-ce. Ce service fiit reconnu de l’Ambassade qu’on luy donna au-près