Ses Fonctions. Livre II. 1&5
Ures; puis qu’il ne'se peut qu’il ne steust parfaitement lesaffiures, qn’il a sijudicieusement escrites. Le defunct Empereur,qui l’avoit veu negotier jVienne, faisoitestimedefa personne, & la République mesmea bien voulufaire voir jusques à quel point elle le considérois, en honnorant son méritéde la premiere dignité prés la Ducale.
LeComtede Bethunesefï oit bien aussi illustrepar ses belles qualitésque par sa naiflance, qui est fans doute une des premieres & des plus anci-ennes des Pais-bas. Le Duc de Sully, son frere, qui estoit undesplus con-fidents Ministres du Roy Henry IV. le fit entrer dans les affaires ; mais désIon premier employ il fit connoistre, qu’il en estoittrescapable. II fithon-neur au Roy, son Maistre, dans l’Ambassade de Rome, où il s’acquitta sibien deeequ’on s’estoitpromis, qu’il ne fut presque point fans employ de-puis cecemps là. LeDudonfrerenenavoitplus, lors qu’aprcsla mortde Henry envoya le Comte à Milan & à Turin, pour travailler à l’accom-modementdes différents, que le Duc deSavoye & le Gouverneur de Mi-lan a voient pour les affaires du Montferrat. En l an ì6i o. il fut envoyéavec le Duc d’Engouleíme & avec leSr. Depreaux, en Allemagne, à l’occa-siondes mouvements deBoheme. II estoit lame de cette Ambassade, &il y auroit rendu de grands services à la France, si le Duc deLuines, qui dií-posoit absolument de toutes les affaires, les eust fait rouler fur les anciennesmaximes de cette Couronne là. Il n’avoit pas tant d’exterieur, mais bienautant d’cíprit&d’adresse, que le Duc fonfrerc,&peutestremis au nom-bre des plusgrands hommes, & des meilleurs negotiateurs de son temps.Le Comte son fils avoit autant de mérite que Seigneur du Royaume, maistrop d’honneur pour pouvoir se résoudre à dépendre de Ministres, qui nevouloient point d’amis ny de serviteurs, mais des esclaves. 11 n’a jamaisvoulu demploy, quoy qu’il en fust trescapable.
Le Cardinal de Bonz.y a eeste d’estre Ambassadeur dans un aâge„ oùles autres commencent à l’estrc, sc a fait voir qu’il estoit capable de cet émi-nent employ devant que d’y entrer. Venise, qui est festoie ordinaire desnouveaux Ambassadeurs, luy a servy de théâtre, où il a fait paroistreses in-comparables qualités. La Cour de Madrid, qui est for t réservée à donneríbn estime aux estrangers, n’a pû la luy refuser, & à admiré son éloquence,son jugement, son efpritsc sa conduite: mais toutes ces grandes qualitésont esté estalces avec bien plus de lustre dans son Ambassade de Pologne,où il fallut combattre & vaincre des difficultés insurmontables. JamaisMinistre negotia avec plusde facilité & avec plus defuccés, & jamais Am-bassadeur ne laissa son Maistre plus satisfait de fa maniéré d’agir. Aussi a ilservy un Prince, qui ne se connoit pas seulement en hommes, mais qui
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