108 Huitième Lettre.
cette méthode : Voilà » à mon avis , le moyenpar lequel quantité de personnes , dans U monde,qui, par leurs usures, extorsons & contrats illi-cites, f provoquent La juste indignation de Dieu*fe peuvent sauver en faisant de beaux, honnêtes& Licites profits,
O mon Pere, lui dis—je , voilà clés parolesbien puissantes î Sans doute , elles ont quelquevertu occulte pour chasser rusure ,.que je n 'en-tends pas ; car j’ai toujours pensé que ce pècheconsistoit à retirer plus d’argent qu'o n n’en aprêté. Vous l’entendez bien peu, me dit-il. L’u-fure ne consiste presque, scion nos Peres, qu’enPintention de prendre ce profit comme usuraire*.Et c’est pourquoi notre Pere Efcobar sait éviterI’usure par un simple détour d’intention : c’estsu tr. q, ex, f, n. 4, 33» Ce fierait usure ,dit-il , de prendre du profit de ceux à qui onprête,fi onVéxigeoit comme dû par justice; maisfi on Vexige comme dû par reconnaissance, cen 9 est point usure. II n y est pas. permis d 1 avoirVintention de profiter de Car gent prêté immédia-tement i mais de le prétendre par Ventremise dela bienveillance de celui à qui on Va prêté ,MEDIA £ EN EV o LENTI A, ce n y est pointusure.
Voilà de subtiles méthodes; mais une decmeilleures, à mon sens, ( car nous en avons àchoisir , ) c’est celle du contrat Mohatra. Lècontrat Mohatra , mon Pere ! Je vois bien ,dit-il , que vous ne savez ce que c’est. II n’ya que le nom d’étrange : Efcobar vous l'expli-quera au tr. q, ex. q, n. q6. le contrat Mohatraest celui par lequel on. achete des étoffes chère-ment 6 ‘ à crédit , pour les revendre 3 au mêmeinstant, à la même personne, argent comptant 6»à bon marché. Voilà ce que c’est que le contratMohatra ; par où vous voyez qu’tfn reçoit uneeertoine somme comptant * en demeurant obligé