116 Huitième Lettre.
vagantes tout ensemble. II poursuivît c!onc e*liberté son discours, dont la conclusion fut ainsi:C’est pour cela, dit-il » que notre illustre Molina( je crois, qu’aprcs cela , vous ferez content )décide ainsi cette question : Qjiand on a reçude Vargent pour faire une méchante action , est-on obligé à le rendre? Il faut distinguer , ditce grand homme : fi on n*a pas fait Faction,pour laquelle on a été payé » il faut rendre Far-gent j mais fi on Fa faite» cn n y y est pointoblige ; Tenetur , fi non fecit; fecus » fifecit .C’est ce qu’Efcobar rapporte au tr. 3, ex. 2 ,n. i$8.
Voilà quelques-uns de nos principes touchantla restitution. Vous en avez bien appris aujour-d’hui : je veux voir maintenant comment vousen aurez profité. Répondez-moi donc. Un Ju%cqui a reçu de Fargent d’une des parties pourrendre un jugement en fa faveur , cst-il obligé-à le rendre > Vous venez de me dire que non ,mon Porc. Je m’en doutois bien , dit-il ; vousl'ai-je dit généralement ? Je vous ai dit qu’iln’est pas obîigc de le rendre , s’il a fait gagnerle procès à celui qui n’a pas bon droit. Maisquand on a bon d^oit , voulez-vous qu’onachete encore le g:in de fa cause , qui est du le'-gitimement ? Vous n’avez pas déraison. Necomprenez-vous pas que le Juge doit la justice,& qu’ainsi il ne la peut pas vendre : mais qu’ilne doit pas l’injustice , 6c qu’ainsi il peut enrecevoir de l’argent } Aussi tous nos principauxAuteurs, comme Molina, difp. 04 & 90. Re-ginaldus, L io . n. 184 . iSç. & i8j. Filiutius,tr. 31. n. 22Q & 228. Escobar , tr. 3. ex. /.72. 2; & 25. Leísius, lib. 2. c. 14. ri. 8. n. /r.enseignent tous uniformément, Qu*un Juge estbien obligé de rendre ce qu 3 il a reçu pour fairejustice , fi ce n’est qiFcn le lui eût donné parlibéralité ; mais qu 9 il n'est jamais obligé à ren~