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Huitième Lettre* 1 19
On ne sauroit> cUt le Pere , écrire pont tropde monde > ni particulariser trop le$ cas, ni ré*péter trop souvent les mêmes choses en diffé-rents livres. Vous le verrez bien par ce passaged'un des plus graves de nosPeres:vousle pouvezjuger, puisou’il est aujourd’hui notre Pere Pro-vincial. C’est le R. P. CelIot, en son 1 . 8 . de laHiérarc. c. 16. §. z. Nous savons , dit-il »qu’une personne qui portoit une grande sommed y argent pour la restituer » par ordre de sonConfesseur , s'étant arrêtée en chemin che ç unLibraire, & lui ayant demandé s*il n y y avoitrien de nouveau, NUM qui D novi ? il luimontra un nouveau livre de Théologie Morale, &que le feuilletant avec négligence < 5 * fans penserà rien , il tomba sur son cas, & y apprit qu’ilr. r étoit point obligé à rejiituer : de forte ques 1 étant décharge du fardeau de son scrupule , &demeurant toujours chargé du poids de son ar-gent , il s f en retourna bien plus léger en famaison : Ab/ZCTA scrupuli sarcinâ , retentoauri pondéré , levier domunt repetiit.
Et bien , dites-moi , après cela, s’il est utilede savoir nos maximes } En rirez-vous mainte-nant ? Et ne ferez-vous pas plutôt > avec le PereCellot, cette pieuse réflexion sur le bonheur decette rencontre ? Les rencontres de cette fortefont en Dieu, V effet de fa providence, en VAngegardien , Veffet de fa conduite > & en ceux à quielles arrivent , Veffet de leur prédeflination •Dieu, de toute éternité , a voulu que la chaîned y or de leur salut dépendit d y un tel Auteur , &non pas de cent autres qui disent la même chose »parce qu y il n'arrive pas qu’ils les rencontrent .Si celui-là n’avoit écrit, celui-ci ne feroit passauvé. Conjurons donc , par les entrailles deJefus-Chriji, ceux qui blâment la multitude denos Auteurs, de ne leur pas envier les livresque Célccíion éternelle de Dieu & te sang de