Buch 
Les Provinciales, ou, Lettres écrites par Louis de Montalte à un provincial de ses amis, et aux RR. PP. jésuites, sur la morale & la politique de ces pères : avec un discours préliminaire contenant un abrégé de la vie de M. Pascal, & l'histoire des Provinciales / [Blaise Pascal]
JPEG-Download
 

1 16 Neuvième Lettre.

roient bien qu’on n’cn demeurât pas a ce pre-mier degré , où Ton ne fait que ce qui estexactement nécessaire pour le salut. Commeilsaspirent sans cesse à la plus gtande gloire deDieu , ils voudroient élever les hommes à unevie plus pieuse j & parcecjue les gens du mondefont d’ordinaire détournes de la dévotion , parl’étrange idée qu'on leur en a donnée » nosPeres ont cru qu’il étoit d’une extrême impor-tance de détruire ce premier obstacle. Et c'esten quoi lePere le Moine a acquis beaucoup deréputation, par le Livre de LA DEVOTIONAISÉE t q.u’il.afait à ce dessein ; c’est-là qu’ilfait une peinture tout-à-fait charmante de ladévotion ; Jamais personne ne l’a connuecomme lui. Apprenez-le par les premieres pa-roles de cet Ouvrage : La vertu ne s’est encortmontrée à personne : on n’en a point fait deportrait qui lui rejJembU. II r.’y a rien étrange-qu’il y ait eu fi peu de prejse à grimper sur finrocher. On en a fait une fâcheuse , qui n’aimtque la solitude ; on lui a affociéla douleur &le travail ; & enfin on Va faite ennemie desdivertifiements & des jeux , qui font la fleur dela joie y & l’aJJ'ai.sonnement de la vie . C’est cequ’il dit, p. 92.

Mais , mon Pere > Je fais bien au moins qu’ily a de grands Saints, dont la vie a été extrê-mement austere. Cela est vrai, dit-il ; maisaussi ils’ejh toujours vu des Saints polis , &des dévots civilisés , selon ce Pere , p. 191 j &vous verrez, p. 86 » que la dissérence de leursmoeurs vient de celle de leurs humeurs : écou-tez-le. Je ne nie pas qu’il ne fie voie des dévotsqui font pâles & mélancoliques de leur com-plexion , qui aiment le filencc & la retraite 3<$* qui n’ont que du flegme dans les veines , &fie la terre fur le visage . Mais il s’en voie*f*i d’autns quì font d’une complexion plus