214 Treizième Lettre,
Ignace & de vos premiers Généraux, que cemélange confus de toutes sortes d’opinions. Jevous en parlerai peut-être quelque jour, mesPeres : & on fera surpris de voir combienvous êtes déchus d u premier esprit de votreInstitut, & que vos propres Généraux ont prévuque le dérèglement de votre doctrine dans laMorale, pourroit être funeste » non-feulementà votre Société » mais encore à l’Eglife univer-selle.
Je vous dirai cependant que vous ne pouveztirer aucun avantage de Topinion de Vasquez.Ce feroit une chose étrange , si entre tant deJésuites qui ont écrit, il n’y en avoit pas unou deux qui eussent dit ce que tous les Chré-tiens confessent. II n’y a point de gloire à sou-tenir qu’or. ne peut pas tuer pour un soufflet,selon rEvangiîe ; mais il y a une horrible honteà le nier. De forte que cela vous justifie si peu,qu'il n’y a rien qui vous accable davantage ;puisqu’ayant eu parmi vous des Docteurs quivous ont dit la vérité, vous n’êtes pas demeurésdans la vérité , & que vous avez mieux aiméles ténèbres que la lumière. Car vous avezappris de Vasquez , que c'ejì une opinionpayenne & non pas chrétienne - de dire qu’onpuise donner un coup de bâton à celui qui adonné un soufflet ; que c’efi ruiner le Déca-logue & VEvangìle , de dire q u 1 o n puise tuerpour ce sujet, G» que les plus scélérats d'cntrtUs hommes le reconnoijfent. Et cependant vousavez souffert, que contre ces vérités connues,Leíïìus , Escobar, & les autres , ayent décidéque toutes les défenses que Dieu a faites dePhomicide » n’empêchent point qu’on ne puissetuer pour un soufflet. A quoi sert-il donc#naintenant de produire ce passage de VasquezContre le sentiment de Lessius , sinon pourmontrer que Leífius est un payen & un scélérat