Dìx-huìtiemc Lettre. z 11
qu’iîs rcfaíoient de condamner le sens de Jan-fenius, que vous vouliez (ju’ils condamnassentfans- qu’on Texpliquàt. C’etoit bien manquerd’hérésies à leur reprocher, que d’en être ré-duits là. Car qui a jamais oui parier d’unohérésie que l’on ne puisse exprimer? Aussi onvous a facilement répondu , en vous repré-sentant que si Jansenius n’a point (Terreurs ,il n’est pas Juste de )e condamner; & que s’ilen a, vous deviez les déclarer, afin que Tonsçût au moins ce que c’est que Ton condamne.Vous ne l’avîez, néanmoins, jamais voulu faire jtnais vous aviez essayé de fortifier votre pré-tention par des Décrets , qui ne faîfoient rienpour vous : puisqu’on n’y explique , en aucunesorte , le sens de Jansenius, qu’on dit avoir étécondamné dans ces cinq Propositions. Or cejTétoit pas là le moyen de terminer vos dispu-tes. Si vous conveniez, de part dcd’autre, duvéritable sens de Jansenius, &. que vous nefussiez plus en différend que de savoir si ce sensest hérétique ou non; alors les jugements quidéclareraient que ce sens est hérétique , tou-cheraient ce qui seroit véritablement en ques-tion. Mais la grande dispute étant de savoirquel est ce sens dc Jansenius, les uns disantqu’ils n'y voient que le sens de saint Augustin Stde saint Thomas; & les autres, qu’ils y envoient un qui est hérétique , &. qu’ils n’expri-ment point: il est clair qu’une Constitution quine dit pas un mot touchant ce différend, & quine fait que condamner en général le sens deJansenius, fans l’expliquer , ne décide riende ce qui est en dispute.
C'est pourquoi Ton vous a dit cent fois quevotre différend n’étant que fur cc fait, vous nele finiriez jamais , qu’en déclarant ce que vousentendez par le sens de Jansenius. Mais commevous vous étiez toujours opiniâtrés à le refuser.