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Compte rendu au Roi / par M. Necker, directeur général des finances
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PREMIÈRE PARTIE.

Etat des Finances.

Lorsqjje Votre Majesté ma confié ladministration de ses Finances,jai commencer par approfondir avec foin létat des revenus & desdépenses ordinaires, & cette connoissance exacte a exigé de moi un travailtrès-coníìdérable. Mon successeur aura moins de peine , parce que jaiformé ce qui nexistoit point, cest-à-dire des tableaux complets & appuyésdes élémens nécessaires pour connoître facilement tous les détails de lasituation des Finances. Le dernier état, mis fous les yeux de VotreMajesté par M. de Clugny, annonqoit un déficit de vingt-quatre millionsde la recette à la dépense ordinaire. Cet état me parut susceptible deplusieurs observations, que je mis dans le temps fous les yeux de VotreMajesté j mais je crois inutile dentrer de nouveau dans cette discussion,& je réserverai les détails pour développer , comme je le ferai bientôt, lasituation préíènte de vos Finances.

II suffit dapercevoir quune différence importante entre les dépenses &les revenus annuels, entraîne bientôt après elle les plus grands inconvéniens,puisquon ne peut y suppléer que par des Emprunts, ou par des opéra-tions extraordinaires, & que lintérèt de ces opérations accroît ie malchaque jour.

Je vis cependant au premier coup-dœil, quil ne seroit pas difficilede balancer ce déficit entre la dépense & la recette ordinaire ; & déjà mêmeje découvrois, avec satisfaction , des moyens successifs pour assurer unsuperflu, source de tous les biens que Votre Majesté desiroit derépandre fur ses peuples.

Mais je ne pus me livrer long-temps à ces heureuses elpérances,puisque jappris bientôt que la situation politique obligeoit VotreMajesté de faire les plus grands efforts pour se former une Marinerespectable; en sorte que dès le commencement de 1777, & la fin de 1.776,il fallut sappliquer à chercher des ressources extraordinaires, tant pourremplir ce grand dessein, que pour préparer [des armemens considérablesdans vos ports. Aussi lannée 1777 fut-elle déjà pour le Trésor royal uneannée de guerre. Je vis ainsi fe développer successivement la nécessité