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toutes choies, avoient fait des grâces qui peuvent émaner du Trône, laressource générale; acquisitions de charges, projets de mariages & d’éduca-tions , pertes imprévues, espérances avortées ; tous ces évènemens étoientdevenus une occasion de recourir à la munificence du Souverain; on eútdit que le Trésor royal devoir tout concilier, tout aplanir, tout réparer ;& comme la voie des Pensions, quoique poussée à l’extrême, ne pouvoirni satisfaire les prétentions, ni servir assez bien la cupidité honteuse, l’onavoir imaginé d’autres tournures, & l’on en eut inventé chaque jour: lesIntérêts dans les Fermes, dans les Régies, dans les Etapes » dans beaucoupde places de Finance, dans les Pour voiries, dans les Marchés de toute espèce,& jusque dans les fournitures d’Hôpitaux, tout étoit bon , tout étoitdevenu digne de l’attention des personnes souvent les pins éloignées parleur état de semblables affaires. Indépendamment de ces différens objets,on sollicitoit encore les engagemens de Domaines de Votre Majesté,les Echanges onéreux à ses intérêts. l’Acensement favorable de terres ennon - valeurs, ou la concession de forêts qu’o n prétendoit abandonnées :enfin, venoient auíîì les payemens de faveur fur dès Pensions arréragées,^acquittement de vieilles créances quelquefois achetées à vil prix, leuradmission dans les Emprunts, & tant d’autres manières encore, toutesd’autant plus dangereuses, que pour de pareilles grâces le consentementmême du Monarque n’étoit pas nécessaire; puisque sous la couleur de lajustice, ou d’un arrangement d’administration, le Ministre seul pouvoitdéterminer ces dispositions. Cependant ces formes une fois introduites,on sent aisément combien elles dévoient plaire. L’obscurité prévenoit laréclamation publique& l’apparence d’une convenance réciproque , délivroitencore du joug de la reconnoissances. C’est donc à ce genre d’àbus., donton ne peut mesurer l’étendue , que j’ai cru devoir opposer les plus grandsobstacles. Votre Majesté, par son caractère , donne à cet égard tantde facilités à un Ministre honnête ,, que mon seul mérite est d’avoir secondéíès vues.
RéduBîon dès profits de la Finance.
Depuis long-temps on n’avoit cessé de dire que les Financiers étoienttrop multipliés, que leurs bénéfices étoient trop grands. Je ne laiscomment ils avoient toujours triomphé de ces critiques. Tantôt on avoit