( V )
venir que M. rs les Grands - maîtres des Eaux & Forêts ne {oient en généraldes hommes bien nés, & capables de toute {'attention que les senti meusd’honneur, & une bonne éducation peuvent inspirer j mais un véritableinconvénient, c’est que les charges de ces Officiers, ont une finance tropconsidérable pour être facilement acquises par des hommes de Province, &qu’alors la plupart de ceux qui les possèdent, habitans Paris , ils ne fontpas à portée de donner des foins affidus aux intérêts qui leur font confiés',& ils ne veillent plus d’aifez près fur les Officiers des Maîtrises. Peut-être même feroit-il à desirer que ces places ne fuífent pas en charges, afinqu’ou pút faire un choix libre entre toutes les personnes capables de cetteadministration ; mais cette observation auroit encore plus de force, si l’onpouvoit être certain que dans un espace de temps donné, les Ministres desFinances apportassent toujours à ces choix supplication & le foin néces-saires , & qu’iís ne s’y déterminassent jamais , ou par laveur ou par égar^à des recommandations. Quoi qu’il en soit, s’il est quelques changemensàfaire, on ne peut s’en occuper qu’à la paix , vu Pimportance des financesde ces charges , & le peu d’ìntérêt qu’elles coûtent à Votre Majesté.
Un inconvénient d’un autre genre, étoit l’effet du trop bas prix desappointemens attribués aux Gardes des Forêts: j’ai cru que c’étoit unedépense qu’on ne devoir pas différer , & les salaires de tous les Gardesgénéraux & d’une grande partie des Gardes particuliers, ont été augmentés.
Une cause non moins essentielle de la dégradation des bois, c’est quela pénurie des Finances, n’ayant presque jamais permis de faire dessacrifices à l’avenir, l’on n’a destiné aucun fonds à des repeuplemens quiétoient devenus absolument nécessaires.
Enfin, les aménagemens de plusieurs Forêts avoient beioin d’ètrechangés: ceux qu’on doit adopter pour les Forêts royales, ne peuvent pas.,fans doute, être assujettis aux calculs ordinaires des Particuliers ; ceux-ci n’ontà considérer que le plus grand produit ou la jouissance la plus prochaine:mais Votre Majesté voit encore dans ses Forêts l’aliment de fa Marine ,& Elle doit veiller fur la conservation des futaies qui font à portée descanaux ou des rivières navigables. Cependant , ce principe & cetteattention sage, ne doivent pas s’étendre jusqu’à conserver des arbres au-dessus de l’àge où ils se maintiennent dans leur force ; c’étoit l’effet