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Compte rendu au Roi / par M. Necker, directeur général des finances
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C 54 )

cédés & de les régler par une loi simple & générale; & dès quil faut par-tout des exceptions & des modifications, comment vouloir gouverner,diriger & prescrire tant de détails dun même centre, & dun lieu lonnest instruit que par des rapports éloignés, lon ne croit quà ceuxdun seul homme, & lon a fi peu le temps dapprosondir ! Quelle diffé-rence entre la fatigue impuissante dune pareille Administration, & le repos& la confiance que peut inspirer une Administration provinciale! I)'ailleurssi la meilleure constitution ne peut jamais garantir les Contribuables dequelques abus dautorité, & sil est dans la nature des hommes , denvifagersouvent comme une injustice lexécution sévère des loix dordre , nest-il pasheureux que ces plaintes & ces murmures sadressent à des représentans de laProvince , & que le nom de Votre Majesté , toujours chéri, ne soitprononcé que pour la consolation & pour leípérance,?

Enfin, & ceci est une réflexion importante, lon ne peut se dissimuler quele bien nait été souvent retardé par la défiance & la timidité du Ministr e quilavoit conçu , & il ne faut point sen étonner. Les meilleures institutionsdAdministrations, ne présentent le plus souvent que des difficultés dans leprincipe, & lavantage lointain qui en doit résulter, est obscurci par les criti-ques & par les passions des hommes. II est donc très- important que leschangemens les plus utiles soient encore appuyés par lopinion publique, &cest précisément leffet des délibérations dune assemblée provinciale ; sospropositions arrivent au Ministre des Finances, déjà renforcées dun suffragequi le rassure sur lévènement, & il na plus, pour ainsi dire, quà les consi-dérer abstraitement ; la crainte des obstacles, des débats, des réclamations,ne peut,plus influer fur fa détermination, & il adopte fans peine le bien quilneùt jamais osé entreprendre. II y a eu, fans doute , sous quelques Ministres,de grands changemens faits en France ; mais si lon y prend garde, ces chan-gemens toutes les fois quils contrarioient les intérêts particuliers, tenoientpresque toujours à une idée simple, telle que Pautorité, la religion , le désordreabsolu des Finances; & cette idée simple, une fois conçue par le Souverain,il devoit prêter son appui pour vaincre les obstacles. Mais la modificationdes Impôts , leur répartition , tous les biens dAdministration enfin, quelqueimportuns quils soient, ne tiennent presque jamais à une idée simple ; ilssont au contraire le plus souvent composés dune infinité de rapports qui