( 56 )
c’est plutôt I’amour de Tordre & de la justice, c’est Timpartiaìité , c’estTinstruction ; & sous ce rapport pourroit-ou refuser- d’accordcr eu généralaux Membres du Clergé la confiance'qui leur est dûe í Ceux qui font àla tète des Pays d’États ne prouvent-ils pas par leur conduite, qu’il n'estguère de plus zélés protecteurs & íòlliciteurs du bien des Provinces & deleur soulagement ! Cependant Votre Majesté a réduit le nombre duClergé, dans ces Assemblées provinciales , à un cinquième , tandis que danstous les Pays d’Etats , ils composent ou le tiers ou le quart des voixdélibérantes.
Je n’entrerai pas ici dans la discussion des autres objections de détailqu’on pourroit faire contre la composition dc ces Assemblées, parce queleur organisation étant entièrement dans les mains.de Votre Majesté*Elle pourra, quand Elle voudra, remédier aux inconvéniens que i’expé-rience indiqueroit.
On a pris d’ailleurs toutes les précautions nécessaires , asm que cesAdministrations sentent continuellement qu’elles ont besoin de se montrerdignes de la confiance de Votre Maj'esté, & qu’eìles n’ont de forcequ’à ce prix; elles ne peuvent réassembler lans permission; elles ne peuvent’íiommer les Membres de la Commission intermédiaire & des Procureurs-svndics qu’avec Tapprobation de Votre Majesté, elles ne peuvent pointdiscuter la somme des Impôts déterminés par les Loix , enfin la mèrneCommiíHon qui les autorise à répartir chaque année la Taille & laCapitation, leur substitue, en cas du moindre retard , le Commissairedéparti. Ce ne font donc point des Pays d’Etats arguans d’anciens Privi-lèges , mais de simples Administrateurs honorés de la confiance de VotreMajesté.
C’est dans ces bornes qu’il faut avoir le foin de les contenir, puisquec’est tout ce qu’il faut au bonheur des peuples ; & dès-lors pourquoivoudroit-on que Pautorité en conqût de Tombrage? Elle ne consiste point,cette autorité, à se montrer dans tous les détails ; elle existe également &mëme dans un plus grand éclat, lorsque par un arrangement sage & parune première impulsion, dont elle sait maintenir les etfets, elle se dispensed’agir sans cesse. C’est le pouvoir d’ordonner des Impôts qui constitueeíìentiellement la grandeur souveraine ; mais la répartition de ces Impôts
&