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Grains.
Toutes les questions relatives à l’Exportation des Blés ont été si sou-vent traitées, que je ne m’étendrai pas fur cette matière : j’observerai seu-lement, que l’expérience m’a confirmé dans la pensée, qu’il ne falloit don-ner dans aucun extrême, ni soumettre ce Commerce à une Loi fixe & gé-nérale. II saut autoriser & protéger la plus grande liberté dans l’intérieur;mais l’Exportation ne peut jamais être permise en tout temps & fans limites. IIne faut pas perdre de vue que c’est le seul commerce dont les écarts influent furla substance du Peuple, & fur la tranquillité publique. Ainsi, en même temps quele Gouvernement doit permettre & favoriser la libre Exportation dans les tempsd’abondance ; il ne doit pas craindre de l’arrèter ou de la suspendre, lorsqu’ily volt du danger. Je dirai plus, ce n’est que dans des livres de doctrine,que la controverse à cet égard peut subsister encore ; car les inquiétudes quinaiflènt des alarmes d’une Province fur íà subsistance , sont d’utre telle na-ture, que le Ministre des Finances !qui servit le plus déterminé par fys.tème à se reposer sur les effets de la liberté , ne tarderoit pas à courir auxprécautions, lorsqu’il auroit à répondre des évènemens. Et telle est, & feratoujours, la foibleííè des idées abstraites, dès qu’elles auront à lutter contrela force du moment & l’éminence du danger.
II y a eu des momens très - difficiles, & d’assez grandes inquiétudesdans le midi du Royaume pendant Tannée 1778 ; & fans la sollicitude &les secours de Votre Majesté, je ne fais si de grands maux eussent étéprévenus. Depuis lors, les récoltes ont été bonnes, & T Exportation a étépermise successivement dans presque toutes vos Provinces ; mais Tinterrup-tion de la Navigation, & le peu de besoins des pays voisins, ont occa-sionné une grande stagnation dans le commerce des Grains avec TEtranger.
Main - morte. ‘
Votre Majesté a affranchi les main-mortables dans tous ses Domaines& ses Seigneuries ; Elle a de plus aboli dans son Royaume le droit de Suite,c’est-à-dire le droit en vertu duquel des Seigneurs de Fiefs situés dans diversesProvinces, réelamoient Théritage d’un homme né dans Tétendue de leur Sei-gneurie, quoiqu’il s’en fût absenté depuis long-temps, & qu’il eût établi sondomicile dans un lieu franc.