i Voyages
les Européens leur eussent enseigné celui-
ci.
Mais il est inutile auxBIancs , quand ilsont gagné ce mal par la débauche avec lesfemmes noires : c’est pour eux un poisoncontre lequel il n’y a point de remède.Tout ce qu’il y a pour eux d’avantageux,est qu’il ne les fait point languir. 11s tom-bent dans des foiblesses si grandes , & dansun épuisement si extraordinaire, qu’ils meu-rent souvent dans les vingt-quatre heures:ou s’ils font d’un tempéramment extrême-ment robuste , ils portent le mal quelquesjours, & meurent à la fin, fans qu’on aitpû trouver jufqu’à présent le moyen de ré-tablir leurs forces.
Les mois les plus dangereux pour lesEuropéens, font ceux de Décembre, Jan-vier , & Fevrier. La chaleur s’y fait sen-tir d’une maniéré cruelle , & quoique lesjours qui font toujours égaux aux nuits ,semblent devoir être suivis de nuits fraîches,à cause de l’absence du Soleil , & commeíl arrive constamment aux Istes de l’Amé-rique, & même à Cayenne qui n’est qu’àcinq dégrez de l’Equateur , les Terres deS. Thomé font si pénétrées de l’ardeur duSoleil, qu’ellcs semblent même pendant lanuit être des fournaises ardentes. II fautpendant ces trois mois, que les Européensse cachent sous Terre : heureux qui peuttrouver des antres & des cavernes dontl’ouverture soit au Sud-Ouest, ou au Sud-Est : Us y respirent un air un peu moins
brûlant