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considérable pendant une si longue na-vigation : ils y ont trouvé a u moinsdeux brades d’eau. En voilà plus qu’iln’en faut pour des barques de cinquan-te tonneaux , puifqu’il ne faut quesept à huit pieds d’eau à ces fortes debâtimens. Quels établíssemens ne pour-roit - on pas faire fur les bords de cetterivière ? Quelle commodité pour ledéchargement des marchandises & pourle chargement des denrées du cru dupaïs ? Qu’elle quantité de bois n’en tire-roit on pas ? Combien de sucre, de ca-cao , d’indigo , de tabac, de rocou, debois marbré , d’ébene , de racines &de plantes précieuses, de baulmes dedifférentes espèces ? Quelque grandesespérances qu’on puisse recevoir de cesétablíssemens, on t peut assurer fans craintede fe tromper , qu’ils surpasseront infi-niment tout ce qu’ils présentent d’abord àl'esprit.
Mais où prendre des gens pour faireces établiííèmens ? La Colonie de Cayen-ne est si peu nombreuse , comme nousl’avons marqué ci dessus, que ce íèroitla détruire entièrement que d’en tirerquelque nombre de famille. Fera-t-onvenir des gens de France ? Si on en prenddans les Hôpitaux qui regorgent demonde , ces sortes de gens ne font pointçropres au travail , ils font accoutumezà gueuser , le travail leur est insuppor-table , ils n’y connoissent rien. D’ail-
leurs,