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Tome sixième, seconde partie.
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lo MEMOIRES POUR L’HïSTOIRE

tortueux qui ne se touchent pas par-tout ; lesvuides qu’ils laissent entr’eux, font paroître letuyau construit avec art. Chaque tuyau n’eítpourtant pas fait pour durer ; nous verrous bien-tôt qn’il ne servira de rien au ver à qui la guê-pe travaille à faire un logement; il n’estqu’u-ne sorte d’échaffaudage,, au moyen duquel lezmanœuvres de celle-ci sont plus promptes &plus sûres.

Quoique je connusse les deux dents de cesmouches pour de fort bons instruments, & ca-pables d’entamer des corps très-durs, l’ouvra-ge qu’elles avoient à faire me paroissoit rudepour elles. Le fable contre lequel elles avoienta agir, ne le cédoit guéres en dureté a de lapierre commune , au moins les ongles atta-quoient avec peu de succès fa couche extérieu-re , qui étoit plus desséchée que le reste parles rayons du Soleil. Mais étant parvenu àobserver plusieurs de ces ouvrières dans unmoment ou j’avois envie de les saisir, dans ce-lui où elles commençoient à ouvrir un trou,elles m’apprirent qu’elles n’avoient pas besoinde mettre leurs dents k une aussi forte épreu-ve que je l’avois cru; qu’au moyen d’uu ex-pédient très-simple , & auquel cependant jen’avois pas pensé , elles sçavoient rendre lafouille du fable facile. La guêpe commencepar ramollir celui qu’elle veut enlever, elle lemouille, en crachant dessus, pour ainsi dire.La bouche verse une ou deux gouttes d’eauqui font bûës promptement par le fable furqui elles tombent; dans l’instant il devient u-ne pâte molle pour les dents qui le ratissent,elles le détachent faus peine. Les deux jam-