24 Mémoires pour l’Histoire
jusqu’au temps où ils doivent être mangés.J’ai ouvert des nids dans lesquels il ne restoitplus qu’un ou deux de cçs vers, ils y étoientencore pleins de vie , ils ne paroissoient pasmême y avoir dépéri malgré leur long jeûne,ce qui n’est pas surprenant, s’ils étoient prèsdu temps de leur métamorphose.
La maniéré dont la guêpe les entasse , a unavantage dont nous avons déja parié , ils selaissent manger sans se remuer, & sans le pou-voir faire. II importe encore au ver de laguêpe, pour une autre raison, qu’ils soient àl’étroit, qu’ils remplissent bien la cavité dutrou, par-là le ver vorace est forcé d’user avecœconomie de fa provision d’alíments. S’il
f iouvoit aller librement jusques aux insecteses plus'éloignés du fond du trou, peut-êtreque par gourmandise ou par friandise il lesentammeroit tous les uns après les autres, a-vant que d’avoir fini d’en manger un seul euentier ; il se mettroit bien-tôt dans le cas den’avoir plus pour se nourrir que des versmorts & corrompus.
Si la disposition que les vers verds ont à se rou-ler en anneau, donne de la facilité à la guêpepour les bien arranger dans une cellule, il ennaît un inconvénient auquel elle sçait re-médier. Le tuyau par lequel elle arrive autrou creusé dans le fable , & le trou même,n’ont gué tes plus de diamètre que le corps dela mouche : comment peut-elle donc entrerdans le tuyau, le parcourir en tenant un verroulé, soit entre ses dents, soit entre ses jam-bes ! 1
J’ai été attentif à observer de ces guêpes
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