222 Mémoires pour l’Histoire
fémelles ne se rendront aux mâles qu’après leuravoir résisté : parmi les insectes, si on en ex-cepte les reines des abeilles, toutes paraissentau moins se refuser aux premières caresses dumâle : la demoiselle aussi semble d’abord peudisposée à répondre aux désirs du sien ; elle tientson corps allongé, & il faudroit qu’elle le con-tournât beaucoup pour en conduire le boutfur l’endroit ou il doit être posé pour queses œufs soient fécondés. L’amour de fa pos-térité n’est pas d’abord assés puissant fur ellepour la forcer à faire une action qui nousdoit paroître plus cju’indécente : ce n’est quepar des importunites, qu’en lassant pour ain-si dire fa patience, que le mâle parvient k l’ydéterminer , ou , si l’on veut, ce n’est quepar des caresses de longue durée , si de luitenir le col ferré , est une façon de la cares-ser. II en a peut-être encore une autre ; detemps en temps il recourbe son corps en arc s,il éleve la fémelíe plus haut qu’elle n’étoit ,il approche ainsi du bout du derrière de cet-te dernière , le terme qu’il doit aller cher-cher. Mais enfin l.i fémelle quelquefois a-près un quart d’heure , quelquefois après untemps plus long , semble moins éloignée dese prêter a ce que le constant mâle exiged’elle ; elle cesse de tenir son corps étendu& droit, elle le courbe d’abord un peu , &ensuite de plus en plus, mais toujours cepen-dant fans le faire passer fous celui du mâle ;elle le contourne quelquefois au point d’en a-meuer le bout auquel elle laisse une efpece
d’empâ-
« H. 4c. fig, 4. ».