ZÓ 2 Mémoires pour l’Histoire
elles fout des efpeces de poissons. Swammer-dam qui a donné une curieuse histoire de cesmouches, dont l’abbrégé a paru eu Françoisen 1681, & qui se trouve en entier dutis sé-dition de ses œuvres imprimées en Hoilaudois& en Latin ; Swammerdam , dis-je, prétendqu’ií y en a des efpeces qui restent trois anssous l’eau. D’autres efpeces qui me sont con-nues, y demeurent deux ans, & beaucoupd’autres une année ou environ. Mais quandles insectes de plusieurs de ces efpeces sont par-venus à être habitants de l’air, ils périssentpresque sur le champ : ils ne se sont nourris &n’ont crû dans l’eau que pour arriver à l’étatde mouches ; ils n’ont pu être conduits à cettemétamorphose, qu’au moyen d’un prodigieuxnombre de parties admirables par elies-memes,& plus admirables encore par leur arrange-ment : combien l’insecte aquatique a-t-il à per-dre de ces parties pour parvenir à être aîle,&combien en a-t-il qui lui étoient d’abord inu-tiles sous l’eau, qu! se développent & lui sontessentielles quand il devient en état de parcou-rir les airs > Alors il paroît à nos yeux sousune forme très-différente des premières, beau-coup plus agréable, & fous laquelle il a réel-lement acquis son dernier degré de perfec-tion : ce dernier état est cependant pour lui leterme fatal ; malgré le grand appareil qui aété employé pour l’y amener, il doit périrpresque dans l’instant où il y arrive. Si l’his-toire des éphémères eût été mieux connue dede ceux à qui nous devons des leçons de mo-rale, ils n’eussent pas manqué de proposer lavie de ces insectes comme une image de cel-le