2,76 Mémoires pour l’Histoire
ra toujours dans de semblables temps, la ter-re toute criblée de trous, dont les ouverturesavoient environ deux ou trois lignes de dia-mètre. Si on détache des mottes de terre danslesquelles il y en a de percés en très-grandnombre , on les trouvera tous vutdes : on nelaissera pas d’en conclurre que ces trous ont é-té faits & habités par des insectes, mais qui lesont abandonnés des qu’ils n’ont plus été bai-gnés par l’eau : on en conclura encore que cesinsectes font descendus plus bas, & qu’ils ontcreusé d’autres trous dans la terre qui est ac-tuellement fous Peau; & on ne manquera pasde faire détacher de cette terre , si on s’eítmuni de bêches & de pioches propres à l’en-lever , comme je n’avois pas oublié de lefaire.
Les mottes de terre que j’ai faic ainsi déta-cher des bords de l’une ou de l’autre riviere,au-deíTous du niveau de l’eau, étoieut, com-me je Pavois attendu, percées de trous habi-tés : chaque trou avoit un ver ou une nymphequi devoit par la fuite devenir une éphémère.Les mottes que je faisois enlever à plusieurspieds de profondeur, n’étoient pas moins cri-blées , & par conséquent pas moins peupléesque celles qui avoient été détachées aisés prèsde la surface de Peau. Après s’être convaincudu nombre prodigieux de trous, ou, ce quiest la même choie , du nombre prodigieuxd’insectes qui se trouve dans chaque por-tion du bassin d’une riviere, si on fait uncalcul grossier de Pétenduë des espacescriblés, on n’est plus surpris que ces espacespuiffeiu fournir, ççairoe ils le fçut ejt certai-nes