goO Mémoires pour l’Histoire
naissent, c’est - à- dire, avec lesquelles elles setirent de la dépouille de nymphe. Aucun dejinsectes que je connois, n’exécute une opéra-tion si grande, qui semble devoir être si labo-rieuse , & qui Test réellement pour la plupartd’eux, avec tant d’aisance & de célérité. Lebacquet dont j'ai parlé, & d’autres que j’ai demême tenu pleins de mottes de terre bien peu-plées de nymphes, m’ont mis à portée d’ob-lerver ce que je n’eusse pas pu voir dans la ri-vière. Nous ne tirons guéres nos bras plus vi-te d’un habit, que l’éphémere tire son corps,ses ailes, ses jambes, les longs filets qui luifont une queuë , du vêtement très-eompofëqui fournit un fourreau à chaque partie,& unfourreau dans lequel elle est plissée ou au moinstrès-géuée. Les éphémères qui vouloient setransformer, étoieut souvent sur des mottes deterre que l’eau ne couvroit pas, & quelquefoisà la surface de l’eau même. Dès qu’il s’étoitfait une fente au corcelet, dès qu’une portiondu corcelet avoit commencé à paraître par cet-te fente, le reste étoit achevé presque dans uninstant. On ne s’attendroit pas qu’une mou-che qui, quand elle peut faire le plus d’usagede ses ailes, est foible & délicate , eût toutela force qu’a celle-ci pour finir une pareilleopération : j’ai souvent tâché d’en arrêter lesprogrès pour mieux voir comment chaque par-tie étoit logée dans i’étui d’où elle étoit prêteà sortir,j’ai saisi une mouche qui ne commeu-çoit qu’à dégager sa tête, j’ai pressé la tètedans l’instaut même où elle venoit de se mon-trer; j’ai poussé la cruauté quelquefois juiqu’àl’applatir & l’écrafer eutre mes doigts : la me-ta-