392 MEMOIRES POUR l’HlST-OIRE
ceux à qui ces arbustes plaisent le plus. Apeine en vis-je, & très-tard , quelques-unsfur les chèvrefeuilles de mou jardin, que je neregardois qu’avec peine dans les années précé-dentes , tant les pucerons les rendoient désa-gréables. Ceux de beaucoup d’autres efpeces,ceux dés pêchers, des abricotiers & des pru-niers, furent aussi aisés rares, Le Printemps& l’Eté prochain de cette année 1742, nousapprendront si un plus grand degré de froid,mais d’une courte durée, est aussi funeste àces petits insectes qu’un froid moins violent,mais plus long, comme l’a été celui de 1740.
Au reste il n’est pas concevable à quel pointles pucerons se multiplieroientdanslecourantd’une année ordinaire, s’íl n’avoit pas été é-tabli qu’ils ferviroìent de pâture à un grandnombre d’autres especes d’insectes extrême-ment voraces. Les feuilles de nos plantes, denos arbustes & de nos arbres en scroient tou-tes couvertes; on en fera convaincu, si ou veuttenter de calculer à peu-près le nombre despucerons qui dans une année ont pu devoirleur origine à un seul. Depuis le 12 du mois•de Juillet jusqu’au 18 Août, M. Bonnet a vûnaître cinq générations de ces insectes. D’au-tres générations avoient précédé ces cinq, &d’autres pouvoient les suivre, puisque M.Trem-bley a eu des pucerons du sureau qui ont ac-couché en Novembre. Si on fait un calculgrossier de tous les pucerons qui peuvent ve-nir d’un seul dans le cours d’une année, il sem-blera que quand il ne s’èn fauveroit qu’un cha-que hyver dans un jardin, toutes les feuillesdes arbres de ce jardin ne íuffiroient pas pour
donner