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Tome premier.
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t>u Levant. Lettre IV. î$icette Iíle , car la a mesure ordinaire qui pese bsoixante six livres poid de France , s’y donne poursept sols : les salines font à deux milles de la villetout au fond de la rade : pendant Fhy ver l'eau dela mer en remplit les réservoirs , & le sel s'y cry-stalise dans les grandes chaleurs.

Les Consuls nomment des gens dans tous lesquartiers de la ville pour exiger la capitation, la-quelle se paye à raison de cinq écus par tète ; ilsremettent ensuite cet argent à l'ordre du CapitanPacha : les Turcs font toujours quelque nouvelleavanie pour rançonner ces pauvres Grecs : parexemple dans le temps que nous y étions , ils nevoulurent prendre les sequins qu’à deux écus , aulieu qu’ils valent sept livres dix fols : une autreannée ils exigent en payement les marchandisesdu pays fur lesquelles il y a beaucoup à gagner ,comme la soye & le coton filé ; d’ailleurs il fautleur faire des presens , si F on veut éviter la chaîneou les coups de bâton: les Turcs font plus insolensque jamais dans les Isles , depuis la retraite desCorsaires François , ainsi les Grecs ne sçavent quesouhaiter : les Corsaires tenoient les Turcs en rai-son j &c mangeoient le profit de leurs prises dansle pays ; mais aussi ces Corsaires étoient quelque-fois des hostes incommodes, avec lesquels il n’é-toit pas trop aisé de vivre.

On plaide en première instance devant les Con-suls & les Primatis:on appelle de leur jugement auCadi si l’on veut ; mais les Consuls qui assistentau jugement du Cadi, le menacent de le renvoyers’il ne fait bonne justice , & le renvoyenten effet,s’il continué : c’est au grand Cadi de Scio d’en en-voyer un autre ; le nouveau Cadi est traité peu-