5-7® Voyage
faire da potage avec des limaçons de mer, &nous eûmes allez de temps pour les disséquer : ilsvalent beaucoup mieux que les yeux de bouc, sion les mange cruds, & font préférables aux lima-çons de terre , si on les fait bouillir dans l'eau ; cefut le seul ragoût que cette Iíle nous fournit ; carnous n’avions ni filets , ni hameçons pour pêcher,& les bergers nous prenant pour des bandits, n’o-ferent descendre de leurs rochers , quoique nosmatelots, qui ne fçavoient où trouver de beau.douce , cuisent arboré tous les guenillons blancsqui croient dans le bateau , pour leur faire con-noître que nous étions gens de paix.
Les limaçons de mer font de même genre qúeceux de nos jardins ; leur coquille est à peu prèsde même forme & de même grosseur, mais elle après d'une ligne d’épaiíseur : c’cst une nacre lui-sante emdedans, le dehors est le plus souventcouvert dstme écorce tartareufe & grisâtre, fouslaquelle la nacre est marbrée de taches noires, dis-posées comme en échiquier : il s’en trouve quel-ques-unes fans écorce, à fond roustatre & à ta-ches noirâtres : la spire est plus pointue que celledes limaçons ordinaires ; ce poisson qui est longtemps hors de beau , fe promené fur les rochers& tire fes cornes tout comme le limaçònde terre;elles font minces, longues de cinq ou six lignes,composées de fibres longitudinales à deux plansexternes & internes, entrecoupées de quelquesanneaux ou muscles annulaires : c’cst par le jeu deces fibres que ces cornes rentrent ou sortent augré de banirnal ; le devant de ce limaçon est ìngros muscle ou plastron , coupé en dessous en ma-niéré de langue , vers la racine de laquelle est at-taché le fermoir ; ce fermoir est une lame ronde,