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former l’esprit, mais qu’elle pouvoit gâter le cœur.L’usage du monde justifie cet axiome en ce qui re-garde l’esprit ; Yamour lui ôtant & la liberté & lediscernement, au-lieu que la galanterie en fait jouerlés ressorts. Pour le cœur, c’est toujours le ca-ractère personel qui en décide; ces deux passonss’y conforment dans les divers sujets qui en fontatteints; & si l’une avoit du désavantagé à cet é-gard, ce seroit sans doute l'âE,- parce qu’étantplus violent que la galanterie ^ il excite plus la vin-ification contre ceux qui le barrent otí qui lui oc-casionnent du mécontentement; & qu’étant aussiplus personel, il fait agit avec plus d’indifférenceenvers tous ceux qui n’en font point l’objet ou quine le flattent pas. La preuve en est dans l’expé-rience;.on voie aster ordinairement une femmegalante caresser son mari de bonne grâce » & mé-nager ses amis; au-lieu que ceux-ci deviennent in-sipides, & le mari un objet d'averfion, à une fem-me prise dans les filets de Y amour. On volt aussiplus de choix dans la galanterie ; c’est toujours oula figure, ou l'esprit, ou l’intèrêt, ou les services,ou la commodité du commerce qui déterminent;mais dans Y amour , toutes ces choses manquentquelquefois à l’objet auquel on s’attache ; & sesliens font alors comme des miracles, dont la cau-se est également invisible & impénétrable.
BAISSER. ABAISSER.
Baisser se dit des choses qu’on veut placer plusbas, de celles dont or veut diminuer la hauteur,& de certains mouvenens de corps ; on baisse unepoutre, on baisse les voiles d’un navire, on baisseun bâtiment, on baise les yeux & la tête. Abais-ser se dit des choses fates pour en. couvrir d’autres,
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