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chercher leur propre différence, je pense qu’il se-roit très difficile de la trouver ailleurs que dans les-diversités de cette idée principale & synonyme, 6cde former sans elle leurs caractères particuliers.Les voici donc fur ce plan, tels que je fuis capa-ble de les représenter.
La précision sépare les choses véritablement dis-tinctes, pour empêcher la confusion qui naît dumélange des idées. U abstraction sépare les chosesréellement inséparables, pour les considérer à partindépendamment les unes des autres. La premiè-re est un effet de la justesse & de la netteté del’entcndement; qui fait qu'on n’ajoute rien d’inu-tile & hors d’ceuvre au sujet qu’on traite, en leprenant néanmoins dans fa juste totalié; par con-séquent elle convient par-tout, dans les affaires*Comme dans les sciences. La seconde est I’effortd’un esprit métaphysique j qui écarte du point devue tout ce qu’on veut détacher du sujet qu’ontraite ; elle le mutile un peu, mais elle contribuequelquefois à la découverte de la vérité, & quel-quefois elle entraîne dans l’erreur ; il s’en faut doncservir, mais en même tems s’en défier.
II me semble que la préciston a plus de rapportaux choses qu’on peut non seulement considérer àpart, mais qu’on peut aussi concevoir être l’uneíânsl’autrej telles que seroient, par exemple,sau-moné & l’esprit de charité. II me paraît que f ab-straction regarde plus particulièrement les chosesqu’on peut à la vérité considérer à part, mais qu’onne saurait concevoir être l’une fans l’autre; tellesque font, par exemple, le corps & l’étendue.Ainsi le but de la préciston est de ne point sortirdu sujet, en éloignant pour cet effet tout ce quilui est étranger z & celui de Y abstraction est de nepas entrer dans toute l’étendue du sujet, en tien
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