Synonymes François’ i+y
; ABHORRER. DETESTER.
Ces deux mots ne font guère d’ufage qu’au pré-sent, & marquent également des sentimens diver-sion, mais dont l’un est l’effet du goût naturel oudu penchant du cœur, & Pautre est Pestet de laraison ou du jugement.
On abhorre ce qu’cn ne peut souffrir, & toutce qui est l’objet de Pantipathie. On déteste cequ’on désapprouvé, & ce que Pon condamne.
Le malade abhorre les remèdes. Le malheu^reux déteste le jour de fa naissance.
Quelquefois on abhorre ce qu’íl scroit avanta-geux d’aimer j & l’on déteste ce qu’on estimeraitsi on le connoifïòit mieux.
Une a me bien placée abhorre tout ce qui estbasieste 8c lâcheté. Une personne vertueuse dé-teste tout ce qui est crime & injustice.
ABJECTION. BASSESSE.
Ces rijots ne font synonymes que lorsqssils mar-quent l’etat où l’on est j & la prémière de leursdifférences se rencontre dans leur constructionavec le mot d’ETAT , auquelon les joint souvent $la délicatesse de notre Langue veut alors que l’unne vienne qu’après,& que l’autre marche toujoursdevant. Ainsi l’on dit,, état á’abjeéhon , & baffesse d’état.
Uabjetììon se: trouve dans l’obscurité où nousnous envelopons de notre propre mouvement,dans le peu d’estime qu’on a pour nous, dans lerebut qu’on en fait, & dans les situations humilian-tes où Pon nous réduit. La bassesse se trouve dansse peu de naissance, de mérité, de fortune, & decondition.
£ ; U
)